La BoE et la BCE affirment leur divergence monétaire
Contrairement à Jean-Claude Trichet, Mervyn King estime que le resserrement de la situation actuelle du crédit rend plus enclin à baisser les taux
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Tân Le Quang
La Banque centrale européenne (BCE) campe toujours sur ses positions et affirme sa divergence avec la Banque d’Angleterre. Hier, lors de son témoignage devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, son président Jean-Claude Trichet a indiqué que le niveau actuel des taux d’intérêt dans la zone euro permettrait de maintenir la stabilité des prix à moyen terme. Le banquier central a réaffirmé son souci d'éviter des effets de second tour induits par la poussée actuelle de l’inflation et d’ancrer fermement les anticipations d’inflation. D’ailleurs, selon ses propos, l’inflation devrait se maintenir significativement au-dessus du plafond de la BCE de 2 % pratiquement toute l’année 2008. Côté croissance, le patron de l’autorité monétaire a confirmé l’anticipation d’un ralentissement économique en zone euro cette année tout en notant que l’incertitude sur l’activité était inhabituellement élevée.
Ces propos ont contribué à faire passer l’euro au-delà des 1,57 face au dollar. La monnaie unique avait précédemment été aidée par la publication d’un indice Ifo d’une bonne tenue surprenante, pour le deuxième mois consécutif. Le climat pourtant chahuté des affaires en mars n’a semble-t-il pas entamé la confiance outre-Rhin. Et même si la plupart des économistes n’y voient qu’un rebond en trompe-l'œil, l’apparente résistance de l’Allemagne ne devrait pas inciter les faucons de la BCE à infléchir leur discours.
De son côté, Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE), très critiqué par les parlementaires britanniques dans sa gestion de la crise interbancaire, a indiqué devant la commission du Trésor que « le resserrement de la situation actuelle du crédit rend la Banque d’Angleterre plus encline à assouplir sa politique monétaire ». Mais la crise du crédit a rendu la politique monétaire de la BoE de plus en plus difficile à mener. Alors que le gouverneur table sur une poursuite de la hausse de l’inflation vers les 3 % du fait de la facture énergétique, la BoE devra aussi gérer le ralentissement économique. Mervyn King estime que « la crise financière est entrée dans une nouvelle et difficile phase » évoquant une confiance fragile des marchés financiers. A l’instar de la Fed, la BoE sera prête à fournir des liquidités en cas de besoin et continuera à travailler de près avec les banques commerciales pour résoudre la crise.
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