La BoE dévoile les débats qui l’ont agitée pendant la crise financière
Les minutes des réunions publiées entre 2007 et 2009 témoignent d’une certaine défiance entre les différents organes de la banque centrale.
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Solenn Poullennec
La publication des compte-rendus de réunions de la Banque d’Angleterre (BoE) entre les étés 2007 et 2009 révèle qu’il existait à l’époque un certain degré de défiance entre des membres de l’institution alors emmenée par le gouverneur Mervyn King.
La BoE a publié hier les minutes des réunions de la Cour («Court»). Il s’agit d’un groupe d’administrateurs non exécutifs «responsable de la gestion des affaires de la Banque, autres que l’élaboration de la politique monétaire». La publication de ces quelque 500 pages de documents s’inscrit dans la série d’annonces faites en décembre dernier par la BoE pour améliorer sa communication, notamment en renforçant la transparence sur les débats qui se tiennent en son sein.
Les minutes révèlent, entre autres, qu’à l’automne 2007, plusieurs directeurs membres de la Cour se sont plaints que la BoE «pourrait et aurait dû faire beaucoup plus pour tenir ses directeurs informés sur les développements et les stratégies en lien avec l’agitation sur les marchés financiers depuis le mois d’août». En juillet 2008, les minutes soulignent que des «fuites» publiées dans la presse, «ont entaché la confiance du gouverneur pour partager des informations importantes et sensibles avec les directeurs non exécutifs». Les minutes montrent que les membres de la BoE utilisaient des noms de code pour désigner les institutions bancaires en difficulté.
Les administrateurs non exécutifs ne se sont vus fournir des informations sur la recapitalisation des banques britanniques d’octobre 2008 seulement après qu’elle a été effectivement annoncée par le gouvernement. Les minutes montrent aussi que la BoE estimait que certains des membres de la Cour étaient en situation de conflit d’intérêts et devaient à ce titre être en congé. «Durant la période couverte par ces minutes, la Banque fonctionnait avec le cadre défini en 1998. La Cour était beaucoup plus grande qu’elle ne l’est aujourd’hui, nombre de ses membres avaient des conflits d’intérêts et il n’y avait pas de président non exécutif», a fait valoir la BoE dans un communiqué publié hier.
Reconnaissant qu’à l’époque, son rôle, celui du Trésor et celui de la Financial Services Authority étaient «mal définis», la BoE souligne qu’elle s’est profondément réformée depuis. Désormais, la Prudential Regulation Authority (PRA) est en charge, au sein de la BoE, de la régulation prudentielle et de la supervision des banques tandis que la Financial Conduct Authority (FCA), indépendante de la BoE, est en charge de la régulation des marchés.
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