La BoE continue de se montrer accommodante malgré la reprise
Son gouverneur a souligné qu’il restait encore un niveau, difficile à estimer, de capacités de production inutilisées dans l'économie
Publié le
Solenn Poullennec
En dépit de la force de la reprise en Grande-Bretagne, la Banque d’Angleterre (BoE) ne semble pas pressée de remonter les taux. Lors de la présentation du rapport trimestriel sur l’inflation hier, son gouverneur, Mark Carney, s’est montré plus accommodant que prévu par beaucoup dans le marché.
La BoE constate que l’économie va mieux. Elle a d’ailleurs relevé légèrement ses prévisions de croissance par rapport au mois de février dernier. Si elle estime toujours que le PIB devrait croître de 3,4% en 2014, il devrait augmenter de 2,9% en 2015 contre 2,7% prévu auparavant. La BoE a aussi revu ses prévisions pour le taux de chômage qui devrait atteindre 6% en 2015 (contre 6,4% prévu).
«L'économie s’est rapprochée du moment où une hausse du taux directeur sera nécessaire», a reconnu Mark Carney et «il y a probablement eu une baisse modeste du niveau de capacités inutilisées au cours des trois derniers mois». Son institution a décidé au début de l’année de se référer à ce dernier indicateur plutôt qu’à un taux de chômage pour juger de l’opportunité de relever les taux.
La BoE reste néanmoins prudente. Elle souligne qu’il y a une «grande incertitude», et un débat en son sein même, autour de l’estimation du niveau de capacités inutilisées qui serait situé entre 1 et 1,5% du PIB. L’évolution de cet indicateur dépend notamment de celle de la productivité, du nombre de chômeurs de longue durée qui retrouvent un emploi et du nombre de travailleurs à temps partiel qui décrochent un temps plein. La BoE a aussi souligné que toute hausse de taux ne pourrait être que graduelle et que le taux directeur devrait rester en dessous de son niveau moyen historique pendant encore longtemps.
«Le ton plutôt accommodant de Mark Carney a été une surprise pour les investisseurs qui avaient de plus en plus parié au cours des derniers jours sur un relèvement de taux avancé», note la recherche de Natixis. Le marché table désormais sur une première hausse de taux en mai 2015 et non plus en mars. Dans la foulée de la publication du rapport, la livre s’est légèrement affaiblie par rapport au dollar et à l’euro.
Si Natixis parie toujours sur un premier relèvement des taux début 2016, le ton plutôt prudent de la BoE n’a pas suffi à infléchir la position de l’économiste de Citi, Michael Saunders. Même s’il reconnaît que la BoE a minimisé les risques d’une hausse de taux prochaine, il parie qu’elle interviendra d’ici à la fin de cette année.
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