La BNS reste solidement accrochée à son taux de change plancher
La Banque nationale suisse (BNS) tient le cap. Son président, Thomas Jordan, a jugé hier le maintien du cours plancher de 1,20 contre euro «absolument nécessaire». Il n’a en outre pas écarté la possibilité de prendre d’autres mesures exceptionnelles afin de protéger l’économie suisse. La presse locale évoquait récemment la tentation d’une intervention sur le marché immobilier, les signes de bulle des prix continuant de s’accumuler. Dans ce cadre, les banques pourraient être contraintes de mettre en place un coussin anticyclique allant jusqu'à 2,5 points de ratio de fonds propres supplémentaires.
Fritz Zurbrügg, membre du comité de politique monétaire de la banque centrale, a néanmoins averti hier que ce type de mesures «doit être considéré comme une mesure exceptionnelle. Ce n’est pas le remède miracle à l’ensemble des problèmes auxquels fait face l’économie suisse, et cela recèle des risques considérables».
Début novembre, le même Fritz Zurbrügg s’était inquiété de la gestion des réserves en devises étrangères, en explosion à près de 500 milliards de francs, «défi majeur pour la BNS, et sujet d’une attention à la fois par les médias et par la BNS». Et d’expliquer que l’autorité monétaire, dont 48% des réserves sont investies en titre libellés en euros, «doit placer des montants très importants sans perturber les marchés» et «trouver des marchés assez importants pour absorber ces montants tout en gardant un niveau élevé de liquidités, ce qui réduit sensiblement la palette des actifs à disposition».
Sur les neuf premiers mois de l’année, la BNS a pourtant affiché un bénéfice insolent de 16,9 milliards de francs, contre 5,8 milliards un an plus tôt, avec 10,3 milliards dégagés grâce à ses positions en monnaies étrangères. Compte tenu de la volatilité de ce poste, la BNS précise cependant qu’il est impossible d’en tirer des prévisions pour son résultat annuel.
Sur le plan macroéconomique, la BNS n’est également pas incitée à abandonner sa politique qui semble porter ses fruits et constitue en outre «une glissière de sécurité» pour les marchés «dans une phase de grande incertitude». En effet, Thomas Jordan a écarté hier tout scénario de récession, en maintenant sa prévision d’un taux de croissance de 1% pour l'économie suisse, tout en précisant que la croissance sera faible sur les troisième et quatrième trimestres de l’année.
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