La BNS poursuit ses interventions massives sur le marché des devises
Effet des interventions de la Banque nationale suisse (BNS) en vue de défendre le cours plancher de 1,20 franc pour un euro fixé il y a bientôt un an, les réserves en devises de l’institut d'émission ont une nouvelle fois augmenté au mois de juillet de 41,4 milliards de francs suisses pour atteindre quelque 406,5 milliards (338 milliards d’euros). Un rythme cependant en décélération puisque la hausse des réserves en devises était de 59 milliards en juin et de 66 milliards en mai. «La BNS pourrait être en train de remporter la bataille», estime même la Société Générale. Et d’ajouter que «la force récente des devises scandinaves reflète peut-être le fait que ceux qui cherchent à acheter des devises autres que l’euro se tourne plus vers le nord».
Reste que les interventions de la BNS sur le marché des devises ont conduit à un gonflement de son bilan, avec des réserves de change en hausse de 71% depuis avril à 414,3 milliards. A l’issue du premier semestre, ses réserves en euros se montaient à un niveau record de 219,5 milliards de francs, soit quelque 79 milliards de plus qu’un an auparavant. L’ensemble des placements en devises a bondi de 107,6 milliards à 365,1 milliards.
Traditionnellement, la BNS cherchait à recycler les euros achetés sur le marché en devises telles que la couronne suédoise, le dollar australien ou la livre sterling, afin de rééquilibrer ses réserves de change. Cependant, la proportion d’euros détenus par la banque centrale suisse est passée de 51% à 60% sur le seul deuxième trimestre, semblant indiquer un ralentissement de ce processus de recyclage des euros. «Les marchés vont s’attendre à ce que la BNS réinvestisse une partie de ces euros en autres devises», qui trouveront ainsi un «soutien dans les interventions futures de la BNS», précise Rabobank.
«Nous suspectons la BNS d’avoir été un des plus gros intervenants sur le marché des devises ces dernières semaines et (elle) devrait le rester, particulièrement au mois d’août, durant lequel la liquidité est plus faible», estime Elsa Lignos, analyste change chez RBC Capital Markets. D’autant que la déflation perdure dans le pays avec un niveau des prix qui a chuté de 0,7% en juillet sur un an. «Tant qu’il y aura de la déflation, il n’y a aucune raison d’arrêter ce processus (d’intervention sur le marché des changes)», estime ainsi Jane Foley, stratégiste change chez Rabobank.
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