La BNS pourrait être à nouveau contrainte de défendre le franc suisse

La baisse de l’euro, suite aux mesures d’assouplissement prises par la BCE, a pénalisé le franc qui n’est qu'à 5 centimes de son niveau plancher
Patrick Aussannaire

La baisse récente de l’euro met le franc suisse sous pression. Le cours de la devise suisse est tombé hier à 1,205 contre la monnaie unique, un niveau proche du taux plancher de 1,20 fixé par la Banque nationale suisse (BNS). Le franc a en outre atteint son niveau le plus fort depuis le mois de novembre 2012 après s’être apprécié de 1% sur les deux derniers mois. La BNS n’a pas eu besoin d’intervenir sur le marché des changes pour défendre sa devise depuis deux ans du fait de la résistance de l’euro, qui s’est néanmoins dissipée depuis mai dernier.

Les «risques géopolitiques, la conversion des prêts libellés en devises étrangères en Hongrie ainsi que l’assouplissement monétaire agressif de la BCE» expliquent les tensions récentes sur le taux de change contre euro, estime Citigroup. Le fait que les banques helvétiques ont arrêté de recycler les excédents courants énormes dégagés par le pays a également joué un rôle dans le processus. «Pour que le franc se déprécie d’une manière plus durable, les banques du pays devront recommencer à l’utiliser plus activement comme devise de financement», ajoute Citigroup.

Suite aux baisses des taux concédées en juin par la BCE ainsi qu’aux anticipations de mesures supplémentaires pour écarter tout risque de déflation en zone euro, le spread entre le rendement du Schatz allemand à 2 ans et le taux suisse de même maturité a chuté à 4,1pb hier, son plus faible niveau historique. Si cette convergence a soutenu la valeur du franc contre euro, la hausse des taux américains en prévision de la normalisation monétaire de la Fed qui devrait débuter mi-2015 a, en revanche, entraîné une chute du franc de 2,4% contre dollar depuis juin. Dans ce contexte, la prochaine réunion de la BNS du 18 septembre est attendue par les marchés.

En juin, son gouverneur, Thomas Jordan, a indiqué que l’autorité suivrait de près l’impact de la baisse des taux en zone euro et se tenait prête à «prendre les mesures nécessaires» si besoin. S’il a semblé écarter le passage du taux de dépôts en territoire négatif en réaction à la mesure similaire prise par la BCE, Citigroup estime qu’«avec des réserves de changes avoisinant les 90% du PIB suisse, cette mesure pourrait paraître plus attractive que toute autre consistant à des interventions sur le change ou une hausse du taux plancher», surtout compte tenu du montant important des dépôts des banques auprès de la BNS.

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