La BNS fait un nouveau geste fort pour limiter la hausse du franc suisse
La Banque Nationale Suisse (BNS) reprend la main sur sa devise. Après une semaine passée avec un cours du franc suisse (CHF) flirtant avec son plancher de 1,20 contre euro, l’autorité a réagi en instaurant à partir du 22 janvier un taux sur les dépôts négatif de -0,25%, avec le but affiché de «ramener le taux Libor CHF 3 mois en territoire négatif». Sa marge de fluctuation a d’ailleurs été réduite de 0/0,25% à -0,75/0,25%, retrouvant ainsi son amplitude habituelle d’un point. Son niveau était resté inférieur au seuil de 0,25% depuis le début de l’année 2010.
Ce taux négatif s’appliquera uniquement sur les dépôts à vue libellés en franc supérieurs à un seuil de 10 millions de francs (8,3 millions d’euros) détenus par les institutions financières. Pour les banques domestiques sujettes à un ratio minimum de réserves obligatoires, ce seuil est fixé à 20 fois le ratio, soit environ 94% des 310 milliards de francs de dépôts à vue détenus par la BNS. Ce qui réduit ainsi le montant concerné à 20 milliards de francs, soit 3% du PIB suisse, même si la BNS se réserve le droit d’élargir le champ d’application de cette pénalité.
La décision justifiée par le récent appétit pour les valeurs refuge, le franc s’étant apprécié à une parité de seulement 1,202 en moyenne contre euro sur le mois écoulé et moins de 1,201 depuis le début de la semaine, suggérant «une intervention assez importante de la BNS due aux tensions en Russie», selon BNP Paribas. La BNS a confirmé que le cours plancher «demeure l’instrument central pour prévenir le durcissement inopportun des conditions monétaires qu’entraînerait une appréciation du franc» et s’est même dite «prête, si nécessaire, à acheter des devises en quantité illimitée et à prendre des mesures supplémentaires».
Si le franc s’est déprécié de 0,7% contre euro et 1,3% dollar suite à l’annonce, il a ensuite réduit ses pertes en revenant à des parités respectives de 1,204 et 0,978. Cette décision surprise qui intervient une semaine seulement après la réunion habituelle de la BNS, soldée par un statu quo, «représente un premier pas vers la défense d’un triangle impossible de taux de change fixe, de liberté de circulation des capitaux et d’indépendance de la politique monétaire», estime Citigroup. L’annonce de nouvelles mesures d’assouplissement de la BCE pourrait remettre la pression sur le franc et contraindre la BNS à mettre ses menaces à exécution, ajoute Natixis.
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