La BNS fait face au risque d’une nouvelle ruée vers le franc suisse
La Banque nationale de Suisse (BNS) est prête à toutes les éventualités si le résultat des élections en Grèce donne lieu à une nouvelle ruée vers le franc. La banque centrale a répété hier qu’elle achètera des devises étrangères «en quantité illimitée» pour défendre le plancher de 1,20 franc pour un euro mis en place en septembre. Un plancher auquel la devise reste collée depuis avril, alors que l’euro/franc s’échangeait encore à 1,22 fin 2011.
L’aggravation de la crise en zone euro a déjà forcé la BNS à des interventions massives en mai. Ses réserves exprimées en franc ont progressé de 66 milliards, à 304 milliards. Les euros achetés semblent ensuite avoir été vendus contre d’autres devises. Thomas Jordan, son président, a précisé hier que la banque centrale avait diversifié ses réserves avec des dollars australiens et de Singapour, ou encore de la couronne danoise. «Cela confirme les rumeurs de ventes par la BNS entraînant des pressions à la baisse sur certaines paires avec l’euro, dont des taux de change exotiques comme l’euro/dollar de Singapour», notent les stratégistes change de Citigroup.
Malgré la détermination affichée, les marges de manœuvre de la banque centrale se réduisent. L’inflation n’est certes pas une menace. Pour 2012, la BNS prévoit désormais une baisse des prix de 0,6%. Mais la création de monnaie et l’afflux de capitaux étrangers créent des tensions sur le prix des actifs. «La croissance de la monnaie et du crédit, supérieure à la moyenne historique, entraîne une poussée à la hausse sur les prix de l’immobilier, en particulier résidentiel», souligne Evelyn Herrmann, économiste Europe chez BNP Paribas. Un risque que la BNS évoque dans son rapport de stabilité financière publié hier. Elle vient d’ailleurs de durcir les règles prudentielles des banques pour l’octroi de crédit hypothécaire, et pourrait mettre en place, dès le 1er juillet, des coussins de capital contra-cycliques.
Par ailleurs, même si les cambistes s’attendent à ce que le plancher de 1,20 tienne à court terme, le franc devrait continuer à servir de valeur refuge. Hier, la BNS n’a pas cité deux autres pistes d’intervention: la mise en place de taux négatifs (contre une fourchette de 0-0,25% à 3 mois aujourd’hui), et des contrôles sur les capitaux entrants par exemple via une taxe. Mais «nous étudions évidemment d’autres mesures», a déclaré Thomas Jordan.
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