La BNS attend que les taux négatifs produisent leurs effets sur le franc
La Banque Nationale Suisse (BNS) cherche à temporiser, après le choc provoqué par l’abandon en janvier du taux plancher du franc contre euro. Si l’autorité a maintenu comme prévu hier la fourchette cible du Libor suisse à trois mois de -1,25% à -0,25% et le taux d’intérêt appliqué aux avoirs en comptes de virement à la BNS à -0,75%, son gouverneur en a également profité pour justifier son changement de cap de janvier.
Thomas Jordan tient habituellement deux conférences de presse par an, en juin et en décembre, mais a ainsi fait exception hier pour expliquer que «la nouvelle dépréciation de l’euro vis-à-vis du dollar après cette date (du 15 janvier) et depuis la décision d’assouplissement quantitatif prise (...) par la BCE fait bien ressortir la pression énorme à laquelle il aurait fallu faire face si le cours plancher avait été maintenu».
Le franc cédait certes 1,4% contre dollar hier, mais se renforçait de 0,8% contre euro et de 0,4% contre la livre britannique. Depuis son envolée spectaculaire de 18% du 15 janvier, le franc n’a cédé que 8% contre euro et 9% contre la couronne suédoise du fait des mesures d’assouplissement exceptionnelles prises par la BCE et la Riksbank, avec des rachats de devises par la BNS de 20 milliards de francs sur la période. Dans le même temps, la devise suisse a reculé de 18% contre le billet vert et ainsi presque retracé toute sa hausse de mi-janvier, et de 5% contre la livre sterling. Dans ce contexte, Thomas Jordan a rappelé hier que «le franc est toujours nettement surévalué» et s’est dit prêt à poursuivre ses interventions sur le marché des changes si nécessaire, tout en ajoutant que «le taux d’intérêt négatif contribue à réduire la surévaluation de notre monnaie».
«Le petit biais vendeur sur le franc des investisseurs devrait perdurer, mais avec peu d’incitations à les renforcer de manière plus agressive compte tenu des forces externes qui s’exercent», estime néanmoins Citigroup. Si la courbe de taux suisse reste négative jusqu’à la maturité 10 ans, le spread contre les taux allemands s’est resserré de 55 pb pour revenir à 72 pb sur la partie 2 ans et de 69 pb à 61 pb sur la partie 10 ans depuis deux mois. Or la force de la devise a entrainé une forte dégradation des perspectives d’inflation en Suisse.
La BNS table désormais sur une inflation négative de -1,1% cette année et de -0,6% l’an prochain, contre respectivement -0,1% et +0,3% lors de ses précédentes projections.
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