La Belgique arrache un compromis budgétaire sous la pression des marchés
Quelques heures après la dégradation de la note souveraine par S&P, les six formations politiques autour de la table ont dévoilé un accord
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Antoine Duroyon
L’espoir renaît outre-Quiévrain. Au terme d’interminables tractations politiques, les six partis politiques assis à la table des négociations sont parvenus à un compromis budgétaire. «Ce budget honore les engagements pluri-annuels de la Belgique envers l’Union européenne», ont souligné les négociateurs dans un communiqué commun. Ces derniers ont élaboré les budgets 2012, 2013 et 2014 de l’Etat fédéral et ont conclu un accord sur des réformes structurelles à long terme concernant l’emploi et les retraites. Objectif : ramener le déficit du pays de 2,8% du PIB en 2012 au seuil d'équilibre en 2015.
Cet accord, qui comprend 11,3 milliards d’euros d'économies et de nouvelles taxes, a été obtenu sous la pression des marchés. L’agence de notation Standard & Poor’s avait frappé du poing sur la table vendredi soir en dégradant la note du pays d’un cran, de «AA+» à «AA», avec perspective négative. S&P estime que la dette publique va remonter à 97% du PIB cette année, contre 96,1% l’an dernier, après le versement de 4 milliards d’euros pour nationaliser Dexia Banque Belgique.
L'échéance d’une émission obligataire pour un montant compris entre 1 et 2 milliards d’euros, qui doit se dérouler aujourd’hui, n’a fait que renforcer la nécessité d’un consensus. Les rendements de la dette belge ont atteint un plus haut de onze ans au cours des deux derniers mois, sur fond de renflouement bancaire et d’imbroglio politique. Signe de cette urgence à trouver une issue, le souverain Albert II avait refusé la démission du socialiste wallon Elio Di Rupo, chargé de conduire les négociations.
«Le roi se réjouit qu’un accord soit intervenu. En conséquence, il a chargé le Formateur (Elio di Rupo, ndlr) de former le plus rapidement possible un gouvernement», a fait savoir le Palais royal dans un communiqué. Un gouvernement de plein exercice dont la Belgique se retrouve privée depuis les élections législatives de juin 2010, qui avaient vu les séparatistes flamands de la N-VA dominer le scrutin.
«Nous espérons être capables d’y parvenir (former un gouvernement) au cours de la semaine prochaine, il y a encore quelques points sur lesquels nous devons travailler et nous pensons que nous y parviendrons dans les délais les plus courts», a indiqué hier Elio di Rupo, lors d’une conférence de presse.
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