La BCE va laisser le marché des covered bonds voler de ses propres ailes
Le second programme de rachat d’obligations sécurisées (covered bonds) de 40 milliards d’euros, lancé par la BCE en novembre 2011 en plein cœur de la crise de la dette souveraine qui secouait la zone euro, s’éteint à petit feu.
Evincé par les opérations de refinancement illimitées à long terme (LTRO) à trois ans initialisées en décembre et février derniers qui ont permis d’injecter 1.000 milliards d’euros dans les banques européennes, il devrait en effet s’éteindre comme prévu à la fin du mois et ne pas être reconduit, selon Reuters qui cite des sources monétaires de la zone euro.
«Le LTRO a rendu le programme de rachat d’obligations sécurisées un peu obsolète» estime Heiko Langer, analyste chez BNP Paribas.
Avec une demande pour les covered bonds qui a dépassé largement l’offre cette année, la BCE n’a pas eu besoin d’utiliser la totalité de l’enveloppe qu’elle s’était allouée. Le programme aurait également porté préjudice à la liquidité du marché secondaire, «les traders sont bien moins incités à être courts sur les obligations, sachant que la BCE pourrait commencer à les racheter» selon Credit Suisse.
Contrairement au premier programme lancé par Jean-Claude Trichet en 2009 dont l’enveloppe de 60 milliards avait intégralement été consommée du fait d’un fort besoin de liquidités de la part des banques sur les marchés primaires et secondaires, la banque centrale n’a ainsi consommé qu’environ 16 milliards d’euros sur les 40 milliards possibles.
L’extinction du programme ne serait «pas surprenante compte tenu de la performance du marché des covered bond post-LTRO» selon Armin Peter, responsable de ce segment chez UBS. «Nous nous sommes rendu compte que le marché (des obligations sécurisées) n'était pas en aussi mauvaise forme qu’on le pensait et qu’en fait, pour diverses raisons, il n’y avait pas grande activité sur le marché primaire», confirme un banquier central de la zone euro cité par Reuters.
Fin 2011, le volume de titres a atteint un équivalent de 2.700 milliards d’euros, avec des émissions de 695 milliards, contre 613 milliards en 2010. Sur le seul segment des titres européens à coupons fixes, les volumes atteignaient 880 milliards mi-2012, contre 573 milliards pour les obligations d’entreprises non financières et 1.134 milliards pour les obligations parapubliques et 4.123 milliards d’obligations souveraines.
Plus d'articles du même thème
-
Artemis courtage s'implante au Luxembourg
Cette opération est la première à l'international pour la filiale du groupe Odealim. -
Michala Marcussen (Société Générale) : «L’Europe pourrait s’inspirer de certaines pratiques chinoises»
Autonomie stratégique et technologique, concurrence avec les Etats-Unis et la Chine, financement des priorités: la chef économiste du groupe Société Générale estime que l’Europe doit restaurer la confiance dans son projet et ses bénéfices. -
L'essor des «finfluenceurs», une lame de fond qui manque encore de cadre
Les conseils en matière d'investissement distillés sur Internet se multiplient. Un essor sur lequel les professionnels essaient de capitaliser pour toucher une nouvelle clientèle mais qui n'est pas sans risques. -
Shell cède un nouvel actif dans l’aval pétrolier et gazier
Le groupe britannique a signé un accord avec Adnoc en vue de lui vendre ses stations-service en Afrique du Sud pour une valeur d’entreprise d’un milliard de dollars. -
Schroders recentre son activité de gestion de patrimoine sur les clients les plus aisés
Le plus important asset manager britannique indépendant cède Benchmark, son activité de conseil financier sur le segment mass affluent gérant 37,1 milliards de livres, à Söderberg & Partners, un groupe présent dans le conseil financier et le courtage d'assurance dans les pays nordiques et aux Pays-Bas. -
Face au risque climatique, Finance Watch appelle au renforcement des fonds propres bancaires
L’association alerte sur la vulnérabilité du secteur bancaire vis-à-vis des chocs systémiques pouvant être induits par les événements climatiques et le risque de transition. Des menaces que le système actuel de supervision n’évalue pas correctement.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des mots« Quand on est candidat, il faut être libre de ses mouvements » : ce qu’a dit Marine Le Pen sur une campagne sous bracelet
Condamnée à un an de prison ferme sous bracelet électronique mardi 7 juillet, la cheffe de file du RN avait assuré sur LCI quelques jours plus tôt qu’elle ne ferait pas campagne dans ces conditions -
#DigitalCitizenIntelligence artificielle : échange sanctuaire contre boussole
Sacralisant l’humain et éclairant le monde, l’Europe ne saurait rester à l'écart des machines -
Marine Le Pen condamnée en appel : éligible en mai 2027, mais sous bracelet
La cour d'appel de Paris a rendu son arrêt très attendu dans l'affaire des assistants parlementaires du FN, qui détermine le destin politique de la cheffe de file de l’extrême droite française