La BCE va laisser le marché des covered bonds voler de ses propres ailes

Le second programme de rachat d’obligations sécurisées s’éteint à la fin du mois. La BCE a consommé moins de la moitié de son enveloppe initiale
Patrick Aussannaire

Le second programme de rachat d’obligations sécurisées (covered bonds) de 40 milliards d’euros, lancé par la BCE en novembre 2011 en plein cœur de la crise de la dette souveraine qui secouait la zone euro, s’éteint à petit feu.

Evincé par les opérations de refinancement illimitées à long terme (LTRO) à trois ans initialisées en décembre et février derniers qui ont permis d’injecter 1.000 milliards d’euros dans les banques européennes, il devrait en effet s’éteindre comme prévu à la fin du mois et ne pas être reconduit, selon Reuters qui cite des sources monétaires de la zone euro.

«Le LTRO a rendu le programme de rachat d’obligations sécurisées un peu obsolète» estime Heiko Langer, analyste chez BNP Paribas.

Avec une demande pour les covered bonds qui a dépassé largement l’offre cette année, la BCE n’a pas eu besoin d’utiliser la totalité de l’enveloppe qu’elle s’était allouée. Le programme aurait également porté préjudice à la liquidité du marché secondaire, «les traders sont bien moins incités à être courts sur les obligations, sachant que la BCE pourrait commencer à les racheter» selon Credit Suisse.

Contrairement au premier programme lancé par Jean-Claude Trichet en 2009 dont l’enveloppe de 60 milliards avait intégralement été consommée du fait d’un fort besoin de liquidités de la part des banques sur les marchés primaires et secondaires, la banque centrale n’a ainsi consommé qu’environ 16 milliards d’euros sur les 40 milliards possibles.

L’extinction du programme ne serait «pas surprenante compte tenu de la performance du marché des covered bond post-LTRO» selon Armin Peter, responsable de ce segment chez UBS. «Nous nous sommes rendu compte que le marché (des obligations sécurisées) n'était pas en aussi mauvaise forme qu’on le pensait et qu’en fait, pour diverses raisons, il n’y avait pas grande activité sur le marché primaire», confirme un banquier central de la zone euro cité par Reuters.

Fin 2011, le volume de titres a atteint un équivalent de 2.700 milliards d’euros, avec des émissions de 695 milliards, contre 613 milliards en 2010. Sur le seul segment des titres européens à coupons fixes, les volumes atteignaient 880 milliards mi-2012, contre 573 milliards pour les obligations d’entreprises non financières et 1.134 milliards pour les obligations parapubliques et 4.123 milliards d’obligations souveraines.

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