La BCE va enclencher jeudi un lent retour à la normale monétaire
Le retour à la normale monétaire en Europe sera lent, très lent même, mais son enclenchement jeudi par le conseil de la BCE n’en sera pas moins un événement historique.
Tout comme pour la Réserve fédérale, qui l’a annoncé plus tôt, l’ère de l’exception monétaire généralisée s’approche officiellement de son terme.
Dans le cas européen, la décision que Mario Draghi annoncera devra tenir compte de paramètres nombreux, comme la reprise en cours et l’évolution de l’inflation, et dont certains compliquent l’équation comme la hausse intempestive de l’euro cette année.
Pour les marchés, le moment va déterminer en partie les conditions d’investissement à moyen terme.
Ils subodorent que le président de la BCE annoncera que l’assouplissement quantitatif, qui consiste à acheter des obligations sur le marché, se poursuivra non pas jusqu’à l’été prochain, comme il avait d’abord cru comprendre, mais plutôt jusqu’à la fin 2018.
En contrepartie, la BCE pourrait annoncer que le montant mensuel des achats, de 60 milliards d’euros aujourd’hui, diminuera à due proportion.
Autrement dit, si cette politique se prolonge sur les 12 mois de 2018, les achats mensuels seront deux fois moins importants que si elle s’arrête au bout de six.
Le grand intérêt d’allonger le ‘quantitative easing’ est de renvoyer à 2019 la perspective de voir la BCE remonter ses taux.
Cela apaisera les inquiétudes des investisseurs, en donnant plus de temps aux politiques pour réformer, et à la FED pour remonter les siens.
La conséquence espérée est une remontée du dollar par rapport à l’euro. Un tel rééquilibrage des parités pourrait stimuler la croissance et le retour de l’inflation vers les 2% en Europe comme le souhaite la BCE.
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