La BCE tire contre l’inflation une nouvelle salve importante
Loin d’être à court de munitions contre la déflation et l’atonie de la conjoncture, la BCE a entrepris hier d’en tirer une salve importante.
Elle a commencé à racheter, pour la première fois de son histoire, de la dette d’entreprise, hors junk-bonds.
L’objectif de ce nouveau degré de sa politique monétaire non conventionnelle demeure, plus que jamais, la lutte contre la désinflation excessive et la stimulation de la croissance par le crédit.
Car les rachats de dettes sur les marchés font baisser les taux – de 40% déjà depuis l’annonce du programme à l’automne 2015 -, et donc le coût pour les emprunteurs.
La relance des émissions devrait s’en suivre et soutenir l’activité.
Inutile de dire que pour les marchés du crédit, l’aubaine est exceptionnelle.
Comme le prix des obligations évolue en sens inverse des taux, l’intervention de la BCE a pour effet de faire monter la valeur des titres de dettes détenues par les investisseurs.
Ceux des compagnies de services publics et de l’énergie, des télécoms et de la pharmacie sont, par la profondeur de leurs marchés, très surveillés.
Les achats de la BCE, qui viseront les titres d’une maturité de 2 à 30 ans, semblent les avoir déjà concernés hier.
Par pays, la France, premier marché européen pour la dette d’entreprise avec près d’un tiers des volumes, devrait notamment bénéficier de cette vague d’achats au travers de ses emprunteurs.
Si les effets sur l’inflation de cette politique atypique de la BCE ne sont pour l’instant pas évidents, il n’en est pas de même pour le niveau du crédit.
2016 devrait être une nouvelle année d’émissions historiques, et les analystes s’attendent à ce que le marché européen double tout simplement entre 2016 et 2022.
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