La BCE teste l’impact de taux de dépôt négatifs sur le niveau de l’euro
La BCE a finalement franchi le pas hier en explorant le territoire inconnu de taux de dépôt négatifs en zone euro. Le but est de briser la contrainte de positivité des taux d’intérêt en les faisant également passer en territoire négatif. «Faire payer les dépôts banque centrale est une manière de dissuader les banques commerciales de rétrocéder les liquidités à la BCE au profit d’emplois plus rémunérateurs, avec l’espoir de ranimer l’activité de crédit», explique ainsi Isabelle Job-Bazille, directrice des études économiques de Crédit Agricole SA.
Pourtant, l’introduction hier par la BCE de mesures complémentaires pour relancer le crédit aux entreprises montre que, seuls, les taux négatifs ne sont pas efficaces comme l’a montré l’exemple danois. «Le taux de dépôt négatif n’a pas relancé le crédit bancaire au Danemark. Ses effets sur les taux des crédits aux entreprises et aux ménages ont été très minimes, ces derniers restant globalement stables. En outre, il n’a pas entraîné de baisse de la rémunération des dépôts des ménages et des entreprises, pesant de fait sur la rentabilité des banques», explique ainsi Natixis.
En outre, «les comptes courants devraient être plafonnés pour avoir un effet sur le marché monétaire; sinon, aucun fonds ne serait placé sur la facilité de dépôt au risque de finir sur un compte courant dont la rémunération est nulle», explique Goldman Sachs. Une mesure d’ailleurs adoptée au Danemark avec un plafonnement des comptes à vue détenus par les banques auprès de la banque centrale qui avait été relevé de 23,1 milliards à 69,7 milliards de couronnes, pour contrer la baisse de la facilité de dépôt à 0% en juillet 2012 de la BCE. Ces mesures visaient à éviter une appréciation du taux de change en décourageant les investissements étrangers.
C’est d’ailleurs l’objectif affiché par les membres de la BCE pour justifier l’introduction d’une telle mesure, alors que l’euro pâtit d’un énorme excédent courant au sein de la zone. Ils espérent ainsi une baisse des taux courts sous les taux américains, avec la remontée de la liquidité excédentaire en zone euro et la sortie prochaine de la politique de taux zéro de la Fed. Après avoir dévissé à 1,3503 contre dollar suite à l’annonce de la BCE, l’euro est ensuite revenu sur ses niveaux initiaux de 1,362. BNP Paribas table sur une parité à 1,35 fin juin et 1,30 en fin d’année, la BCE brandissant l’arme du lancement éventuel d’un programme de rachats d’actifs.
Plus d'articles du même thème
-
Pimco s’attaque aux placements privés
Pimco, qui gère 2.300 milliards de dollars et s’est historiquement concentré sur les titres obligataires cotés en Bourse, a conduit ces derniers mois une série de transactions par placement privé, en prenant des positions importantes dans des opérations très médiatisées, rapporte le Financial Times. Parmi celles-ci figurent le financement de dette en temps de guerre pour des gouvernements du Moyen-Orient, un prêt à un fonds de crédit privé de Blue Owl dont les actions avaient chuté, ainsi qu’une contribution majeure au financement de gigantesques projets de centres de données pour Meta et Oracle. -
Alecta adopte une stratégie d’investissement climatique dans les pays émergents
Le plus grand fonds de pension de Suède vient de confier un mandat de gestion à impact dans les pays émergents à la société de gestion responsAbility Investments AG. -
Alice Pizza passe à une nouvelle recette capitalistique
Dans le cadre de ce tour de table, Quadrivio & Pambianco, Capdesia et CVC remplacent Green Arrow Capital et la famille fondatrice. -
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
La branche de gestion d’actifs du groupe bancaire et d'assurance belge s’est associée avec HANEtf pour lancer ses véhicules. -
Aymeric Oudin (Adereim) «Le logement ne peut plus être considéré comme un placement passif»
Le cofondateur d'Adereim, une nouvelle société de gestion qui a récemment décroché son agrément AMF, s’est associé avec des anciens du secteur de l’immobilier pour faire revenir les institutionnels sur le marché du résidentiel. Entretien croisé avec Laurent Ghelfi, l’autre cofondateur. -
Lombard Odier se rapproche d'un asset manager japonais
Le groupe financier helvétique Lombard Odier, présent dans la gestion d’actifs via Lombard Odier Investment Managers, a conclu un accord de collaboration stratégique avec le gestionnaire d’actifs nippon, Alpha Japan LO am.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
Think againQuand la justice française pousse TotalEnergies à quitter la France
En condamnant la compagnie pétrolière à inclure la consommation de ses clients dans le calcul de ses émissions de CO2, la justice la pousse à fermer ses stations-service en France, et montre à ses dirigeants la porte de l'expatriation -
Guerre en Ukraine : Poutine dit attendre la venue des négociateurs américains
« Nous attendons, une fois tous les événements terminés et la phase chaude sur le dossier iranien achevée, la venue de ces représentants de l'administration américaine que nous avons déjà rencontrés à Moscou », a déclaré Vladimir Poutine, dimanche 28 juin -
Les Etats-Unis et l'Iran acceptent de cesser leurs attaques et de se rencontrer mardi au Qatar
Un responsable américain a affirmé au média Axios que Washington et Téhéran cessaient leurs attaques « pour le moment » et que les navires pouvaient « circuler librement » dans le détroit d'Ormuz. Une autre source a annoncé qu'une rencontre entre les deux parties était prévue ce mardi 30 juin au Qatar