La BCE tente de limiter les distorsions du marché monétaire
Dans le cadre du programme d’achats de titres publics (PSPP), le Conseil des Gouverneurs de la BCE a mis en place depuis jeudi dernier une facilité de prêt de titres destinée à «favoriser la liquidité du marché «repo» et obligataire sans indûment restreindre l’activité normale du marché repo». Cette facilité, qui laisse une liberté d’application théorique aux banques centrales nationales, devrait être neutre en termes de cash, les transactions repo étant entièrement compensées par des opérations «reverse repo» bilatérales d’un montant équivalent de cash, de même date de valeur et de contrepartie identique.
Chacune des contreparties éligibles pourra en outre emprunter jusqu’à un plafond de 2,5% du montant disponible par émission et pour un maximum de 200 millions d’euros par tranche unitaire de 50 millions. La Banque de France a précisé qu’elle prêtera les titres acquis dans le cadre du PSPP à un spread maximum de 25 pb au-dessus du taux du general collateral (GC), mais que les spreads et «add-ons» de 40 pb appliqués lors de la transaction puis de 10 pb par semaine supplémentaire pourront néanmoins «être revus en fonction de l’évolution des conditions et de la liquidité du marché du sous-jacent».
«La limite de taille permet de s’assurer que la BCE n’altère pas le marché et ne facilite pas trop la vente de titres par un market maker ne détenant pas le titre qu’il rachète en repo», explique Natixis. La BCE a évoqué dans ses minutes les inquiétudes concernant le rétrécissement de l’univers de titres éligibles au PSPP, avec des rendements déjà très largement négatifs sur le marché du «repo» qui «traduisent les anticipations d’une pénurie de certains types de collatéral». Le taux GC allemand à un an est ainsi tombé à un niveau de -30 pb désormais inférieur au taux de dépôt de la BCE, de -20 pb.
La BCE a confirmé hier le succès du premier mois de son programme complet de rachats de titres avec un montant de 60,95 milliards d’euros (dont 47,356 milliards d’obligations publiques). Les achats de Bund et d’OAT ont atteint 11 et 8,75 milliards d’euros respectivement. «Le point central est la maturité moyenne des titres plus élevée que prévu, notamment en Espagne (11,7 ans) ou au Portugal (11 ans), qui est la conséquence des contraintes que la BCE s’est imposées (clés de répartition, limite de 25%) et des taux négatifs des pays cœur qui la forcent à intervenir plus loin sur la courbe», précise Frédérik Ducrozet, économiste chez CA CIB.
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