La BCE souligne les paradoxes du rôle international de l’euro
Si la zone euro a attiré un montant record de capitaux étrangers en 2013, la monnaie unique a vu sa part dans les réserves de change étrangères s'éroder
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Patrick Aussannaire
L’euro n’est plus à un paradoxe près. Dans son treizième rapport annuel sur le rôle international joué par la monnaie unique, la BCE met en avant que si la zone euro a attiré l’an dernier plus d’investissements étrangers que jamais depuis sa création, sa part dans les réserves de change étrangères ainsi que son utilisation dans les financements internationaux se sont érodées.
Le poids de l’euro dans les réserves internationales de change a ainsi reculé de 0,9 point sur un an, à 24,4% fin 2013. La part de marché de l’euro dans les marchés financiers, les réserves de change, et la facturation du commerce mondial «est faible, compte tenu du poids économique financier, commercial de la zone», confirme Natixis. La dernière étude Cofer du FMI indiquait d’ailleurs que la part des réserves en euros restait proche de ses plus bas niveaux depuis cinq ans à fin mars. «Le rapport de la BCE semble expliquer cette détérioration par le fait que le retour de la confiance des investisseurs pourrait prendre plus de temps que prévu», ajoute Valentin Marinov, responsable de la stratégie de change chez Citigroup.
Pourtant, la demande étrangère pour les investissements en dette et actions européennes a atteint un poids record de 3,7% du PIB de la zone, après 3% en 2012. Une tendance qui s’est reflétée «dans le large et régulier renforcement du taux de change de l’euro, qui s’est apprécié de 7% en termes effectifs nominaux en 2013, la deuxième plus forte appréciation depuis 1999». La hausse atteint 4% entre début 2013 et fin mai 2014 contre les 20 principales devises, et 5,8% en ajoutant les 19 principales devises émergentes. Une tendance qui s’explique tant par des facteurs externes, telles que les sorties de capitaux des pays émergents ou l’assouplissement quantitatif de la Banque du Japon (BoJ), qu’internes avec l’amélioration des fondamentaux en zone euro et le retour à des excédents courants, selon le rapport.
Alors que Mario Draghi a rappelé lundi que la hausse de l’euro «constitue un risque pour la pérennité de la reprise», le pilotage du taux de change ne semble pas être tâche aisée pour la BCE. D’autant que l’étude pointe du doigt que «les flux étrangers pourraient être plus sensibles à un affaiblissement potentiel de l’activité en zone euro, ce qui expose l’euro à des corrections à la baisse», selon Valentin Marinov.
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