La BCE se tient prête à intervenir lors de sa prochaine réunion de juin
Le conseil des gouverneurs ne voit pas de difficultés à agir lors de sa prochaine réunion, après une mise à jour des projections du staff
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Antoine Duroyon
Paré à intervenir. C’est ainsi que le président de la Banque centrale européenne a résumé hier l'état d’esprit qui règne du côté de Francfort. «A l’issue des débats (d’aujourd’hui), je dirais que le conseil des gouverneurs ne voit pas de difficultés à agir la prochaine fois mais avant cela, nous devons disposer des projections de nos équipes, qui sortiront début juin», a déclaré Mario Draghi à l’occasion d’une conférence de presse.
«Le renforcement du taux de change dans le contexte d’une faible inflation (0,7% en avril après 0,5% en mars, ndlr) est une source de grave préoccupation», a-t-il ajouté. Peu de temps auparavant, la BCE avait fait part d’un maintien des taux, avec un taux de refinancement à 0,25%. Les propos de Mario Draghi ont eu un effet salvateur immédiat sur la monnaie unique qui est tombée à 1,384 face au billet vert après avoir frôlé la barre symbolique de 1,40 dollar dans le sillage de l’annonce du statu quo.
La formule célèbre de Jean-Claude Trichet - «we never pre-commit» - appartient désormais au passé. Mario Draghi l’a d’ailleurs lui-même reconnu. «Que nous ne nous engagions jamais à l’avance ? Cela, je crois, est terminé depuis bien longtemps», a-t-il souligné. Si la surprise ne devrait pas venir du calendrier, elle pourrait être à chercher du côté des mesures retenues. «Le conseil des gouverneurs est unanime dans son engagement à utiliser tous les instruments non-conventionnels rentrant dans le champ de son mandat pour faire face efficacement aux risques d’une période trop prolongée de basse inflation», a indiqué Mario Draghi.
Frederik Ducrozet, économiste chez CA CIB, estime qu’une révision supplémentaire à la baisse des prévisions du staff en juin forceraient la BCE à prendre des mesures «fines» d’assouplissement monétaire. Il table ainsi sur une baisse du taux de refinancement à 0,15% et sur une diminution du taux de la facilité de prêt marginal (à 0,50% ou en-deçà). «La BCE diminuerait seulement en parallèle le taux de la facilité de dépôt (à 0% actuellement, ndlr) si l’euro s’apprécie encore davantage au dessus de 1,40», ajoute-t-il. L’OCDE a récemment plaidé en faveur d’une telle mesure de taux de dépôt négatif. Avec une certaine ironie, Mario Draghi s’est dit hier reconnaissant des nombreuses recommandations reçues ces derniers jours mais a rappelé l’indépendance de la BCE.
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