La BCE se concentre sur les rachats de covered bonds et la liquidité bancaire

Jean-Claude Trichet lance des opérations exceptionnelles de refinancement à 12 et 13 mois. Le taux directeur de la BCE reste inchangé à 1,50 %
Violaine Le Gall
Jean-Claude Trichet le 6 octobre 2011 à Berlin. Photo: Michele Tantussi/Bloomberg
Jean-Claude Trichet le 6 octobre 2011 à Berlin. Photo: Michele Tantussi/Bloomberg  - 

Pour sa dernière conférence de presse en tant que président de la BCE, Jean-Claude Trichet a déçu ceux qui anticipaient une baisse des taux. Le taux de référence reste fixé à 1,50%. Le dirigeant de l’institution a cependant reconnu que le statu quo n’avait pas fait l’unanimité au sein du Conseil des gouverneurs. Et le tableau macroéconomique dressé lors de la conférence ne ferme pas la porte à un prochain assouplissement. «Les perspectives économiques restent soumises à une incertitude particulièrement élevée et à des risques à la baisse qui se sont intensifiés» en raison des tensions sur les marchés financiers et des effets défavorables sur les conditions de financement.

Publiée hier, l’enquête de l’Eurosystème sur la distribution de crédit témoigne de cette tendance, les banques reconnaissant un durcissement des conditions de prêts aux entreprises non financières à 16% en net, contre 2% au trimestre précédent. Toutefois, Jean-Claude Trichet n’a pas pré-annoncé d’assouplissement pour novembre. Pour cela, il aurait dû évoquer des risques à la baisse sur l’inflation à moyen terme dans la déclaration introductive, estime Marco Valli, chef économiste pour la zone euro d’UniCredit.

La BCE a concentré ses annonces sur les mesures non-conventionnelles qui aideront «à rétablir une meilleure transmission de la politique monétaire», a précisé le président sortant. Une première opération de refinancement à 12 mois, intégralement servie, aura lieu en octobre. Une autre opération à 13 mois se tiendra en décembre, ce qui permettra aux banques de gérer le passage de 2012 à 2013.

Enfin, la BCE va reprendre ses achats d’obligations sécurisées, pour 40 milliards d’euros, à comparer à un encours de 1.600 milliards et 151 milliards d'émissions cette année. Lancé mi-2009, le premier programme de 60 milliards avait provoqué une nette baisse des spreads. Pour les stratégistes taux de SG CIB, la nouvelle enveloppe est suffisamment importante pour rouvrir le marché primaire, et la BCE pourra toujours revoir à la hausse sa taille. Pour être efficace, le programme devra surtout porter sur les titres des pays périphériques. Plutôt que de se focaliser sur leurs marchés intérieurs, la Bundesbank et la Banque de France «devraient se concentrer sur les segments à haut rendement sur lesquels il y a des problèmes, même si ceci signifie une hausse de la prise de risque», estiment les stratégistes.

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