La BCE rachètera des obligations sécurisées dès juillet
Alors qu’elle a revu une nouvelle fois en baisse ses perspectives d’activité en zone euro en 2009 (voir ci-contre), la Banque centrale européenne (BCE) a laissé hier son taux de refi inchangé à 1 %, un niveau « approprié » d’après Jean-Claude Trichet, le président de la BCE. La réunion d’hier a, comme prévu, davantage porté sur les mesures d’assouplissement du crédit. Jean-Claude Trichet a en effet détaillé son programme de rachat d’obligations sécurisées de 60 milliards d’euros qui commencera dès le mois prochain.
Les rachats de covered bonds, ces obligations émises par les banques et garanties par un portefeuille de prêts hypothécaires ou de prêts au secteur public, porteront sur l’ensemble de la zone euro, sans qu’un objectif de rachat par pays ne soit préalablement établi. Les titres pourront être acquis sur le marché primaire ou secondaire.
Les obligations sécurisées devront être éligibles en tant que collatéral aux opérations de l’Eurosytème et être conformes à la directive Ucits IV. En termes de maturité, de taille et de notation, la BCE semble ouverte. Elle devrait se concentrer sur les obligations de trois à dix ans. Elle s’intéressera aux obligations dont le volume d’émission est « d’environ 500 millions d’euros, au moins, et, dans tous les cas, d’au moins 100 millions d’euros ». Les opérations « jumbo », de plus d’un milliard d’euros, ne seront donc pas les seules à pouvoir être acquises.
Les obligations devront être notées au moins « AA », « ou, dans tous les cas pas moins de «BBB-"». Enfin, alors que des économistes tablaient sur une concentration des rachats sur les obligations dont les actifs sous-jacents étaient des prêts au secteur privé, la BCE indique qu’elle pourra acquérir des covered bonds dont les sous-jacents comprennent « une exposition aux entités privées et/ou publiques ». La précision est bienvenue pour les Pfandbriefe allemandes, majoritairement sécurisées par des prêts au secteur public. La BCE se donne un an pour mener à bien ce programme qui, selon Jean-Claude Trichet, se limitera bien aux 60 milliards d’euros annoncés le mois dernier.
Comme sur le montant du programme, la BCE ne semble pas vouloir aller plus loin tant sur sa politique de taux qu’en matière d’assouplissement de crédit, et ce malgré une nouvelle révision à la baisse des prévisions. En 2009, le PIB de la zone euro baisserait de 4,6 %, contre -2,7 % attendu en mars. « L’activité sur le reste de l’année devrait diminuer à un rythme moins négatif. (…) Le retour à la croissance n’est attendu que d’ici mi-2010 », a déclaré Jean-Claude Trichet. « Seules de graves pressions déflationnistes pourraient probablement changer le point de vue de la BCE sur le fait que son actuelle politique monétaire est appropriée », avance Carsten Brzeski chez ING Financial Markets.
Ne prévoyant pas de faire évoluer sa politique, la BCE souligne que l’amélioration du crédit passe également par d’autres canaux que le sien. « Les banques devraient, lorsque cela est nécessaire, profiter des mesures des gouvernements de soutien au secteur financier », a indiqué Jean-Claude Trichet. Suite à la réunion, le rendement du Bund à dix ans progressait de 7 points de base à 3,63 %.
Plus d'articles du même thème
-
Un Shein en perte de vitesse se présente à la Bourse de Hong Kong
Le géant controversé de la fast fashion a publié le 26 juillet son document d'introduction en Bourse. Il a signé une perte au premier trimestre et pâtit des taxations imposées aux petits colis dans les pays occidentaux. -
Le déficit commercial français reste plus lourd qu'avant la crise sanitaire
Le solde commercial français dépend de quatre principaux secteurs industriels qui n’ont pas retrouvé le même niveau d’exportations qu’avant la pandémie de Covid, hormis le secteur du luxe. -
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
Alors que les incendies font rage près de Bordeaux, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit en 2025 et 2026 une revue de la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées chez les assureurs, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
Cocktail explosifMégafeux : pourquoi ce n'est que le début
« Orage de feu » jamais vu, record d'évacuations, trentaine de foyers actifs simultanément : ce pire épisode d'incendies que le pays ait connu depuis 1949 illustre ce que les climatologues annoncent depuis des années -
EditorialCanicules, mégafeux : l'impasse de l'infantilisation citoyenne
Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. Pratiquée par tous nos dirigeants, cette religion de la protection absolue – « quoi qu'il en coûte » – sonne de plus en plus comme une promesse creuse -
BatailleA400M, bulldozers, sapeurs : la mobilisation maximale des militaires face aux feux
Les armées fournissent matériels et personnels face aux incendies, en plus d’une brigade dédiée à la sécurité civile. Et fait monter en puissance ses dispositifs