La BCE presse le comité de Bâle d’alléger les contraintes de liquidité
La pression monte d’un cran sur les régulateurs pour qu’ils assouplissent les nouvelle normes de liquidités appelées à entrer en vigueur dès 2015 dans le cadre de la réforme Bâle 3. Dans son combat pour alléger les contraintes de liquidités encore en discussion, le lobby bancaire a trouvé un allié de poids à travers la BCE. Selon l’agence Bloomberg, la Banque centrale européenne pousse le comité de Bâle à revoir sa copie afin qu’il élargisse la liste des actifs éligibles à la définition du ratio de liquidité à court terme. Ce fameux LCR (liquidity coverage ratio) impose aux banques de détenir suffisamment d’actifs mobilisables rapidement sur le marché pour leur permettre de survivre pendant 30 jours en cas de fermeture du marché du crédit.
La BCE souhaite notamment que les ABS (asset-backed securities), ces titres adossés à des actifs, soient pris en compte dans le calcul du ratio de liquidité, mais certains membres du comité de Bâle y restent fermement opposés comme le régulateur américain, et la Bundesbank, indique Bloomberg. La BCE peut toutefois compter sur le soutien de la Banque de France qui s’est faite le porte-voix des banques françaises pour tenter de limiter les effets de la réforme, et alerter sur les risques pour le financement de l’économie.
Venant à la rescousse des banques espagnoles, la BCE avait allégé en juin les conditions en matière de garanties réclamées aux banques venant s’alimenter à son guichet, en élargissant la gamme des ABS acceptés en garanties de ses prêts. Les banquiers centraux craignent qu’une régulation trop sévère ne sape les efforts pour contraindre la crise de la zone euro, et ne rende plus compliqué la mise en œuvre de leur politique monétaire.
«La question de l’assouplissement des ratios de liquidités est déjà en discussion depuis un certain temps. Il n’y a rien de très nouveau dans la pression que mettent la BCE et de la Banque de France sur le comité de Bâle. Tout au plus, cette démarche coordonnée montre que le sujet se fait de plus en plus préoccupant et qu’il y a une volonté d’aller vite», juge Alex Koagne, analyste chez Natixis. Les banques doivent encore trouver 1.780 milliards d’euros pour respecter les critères, rappellent les analystes d’ING. Le comité de Bâle espère un accord sur les ratios pour janvier 2013.
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