La BCE prépare les esprits à de nouveaux gestes monétaires
A leur retour de vacances, c’est une conjoncture bien mollassonne que découvrent les Européens.
Assez faible pour que la BCE laisse déjà prévoir, à son corps défendant, de nouveaux assouplissements monétaires.
La bonne nouvelle s’agissant de la reprise, c’est qu’elle résiste aux conséquences du Brexit.
Si les signaux annonçant un ralentissement outre-Manche sont déjà visibles, rien de tel en Europe pour l’instant.
Les indicateurs publiés hier par le fournisseur de données Markit sont rassurants sur ce point.
C’est notamment vrai dans les services, y compris en France où l’activité du secteur surprend par sa vigueur, en dépit du coup encaissé par le tourisme cet été suite aux grèves et aux attentats.
La mauvaise nouvelle, c’est que cette reprise ne s’affirme pas assez pour faire franchement baisser le chômage et ramener l’inflation à un niveau satisfaisant.
Aussi la BCE annonce-t-elle clairement qu’elle devra faire plus si les gouvernements de la zone euro ne mettent pas le turbo sur les réformes, souligne un de ses dirigeants, le français Benoît Coeuré.
Ce n’est pas de gaîté de cœur que la BCE se résoudrait à de nouveaux gestes. Les conséquences fâcheuses des taux bas, voire négatifs, sont de plus en plus visibles, surtout dans l’industrie financière.
Les résultats des banques, publiés cet été, montrent notamment que la pression monétaire érode fortement leur profitabilité.
Les taux anormaux impliquent un risque pour la stabilité financière que les banquiers centraux connaissent et gèrent vaille que vaille.
Jusqu’à quand pourront-ils le faire ? Telle est la question toute simple qu’ils se poseront en fin de semaine, lors de leur rendez-vous annuel de Jackson Hole aux Etats-Unis.
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