« La BCE peut surprendre en relevant le refi dès le début du second semestre »
Philippe Weber, responsable études et stratégie chez CPR AM
Publié le
Tân Le Quang
L’Agefi : la BCE peut-elle surprendre le marché en relevant ses taux dès le début du second semestre ?
Philippe Weber : Je pense que oui; c’est même, à dire vrai, ce que nous retenons dans notre scénario central. Les taux sont exceptionnellement bas, et des voix semblent déjà s’élever contre le risque que créerait le maintien trop longtemps de taux trop bas – certains banquiers centraux européens sont assez critiques de la politique de la Réserve fédérale en 2003. Ce risque serait de voir apparaître une «bulle» sur le prix de certains actifs, ou de l’inflation – pas en 2010, bien sûr, mais d’ici deux ou trois ans. Au demeurant, une première hausse sera presque mécanique, c’est celle de l’Eonia. En juin prochain arrive à échéance le refinancement à un an de 2009, avec une «tombée» de 442 milliards d’euros. L’encours du refinancement des banques devrait alors se rapprocher de la normale, et l’Eonia se rapprocher du taux de refinancement (1%) au lieu de rester proche du taux des dépôts (0,25%).
Vous anticipez des taux à 10 ans aux Etats-Unis et au Royaume-Uni au-delà de la barre des 4 % d’ici à six mois. Pour quelles raisons ?
Toujours dans notre scénario central, l’économie, sans être spécialement vigoureuse, retrouve le chemin de la croissance autonome. Les taux courts commencent à se normaliser à partir de l’été, tandis que les déficits publics à financer sont énormes. Normalement, la Réserve fédérale et la Banque d’Angleterre ne seront plus là pour racheter une partie des titres sur le marché. Cette conjonction nous semble devoir entraîner une remontée des rendements longs – mais c’est une remontée ordonnée, pas un krach obligataire.
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