La BCE ouvre les vannes de la liquidité en dollars
La couverture du risque de liquidité fait toujours débat, comme l’a montré la conférence Eurofi hier
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Florence Autret, à Bruxelles
La BCE a insufflé une bouffée d’air aux marchés hier en annonçant qu’elle procèderait à trois opérations de refinancement en dollars à 3 mois, d’octobre à décembre, la première pour le 12 octobre. Une action concertée avec la Fed et ses homologues britannique, suisse et japonaise. La perspective d’un afflux illimité de dollars à taux fixe a rendu des couleurs aux banques, notamment les françaises, pénalisées depuis plusieurs semaines par leur difficulté à se procurer du billet vert. Le swap de change euro/dollar s’est détendu.
Cette annonce résonne avec le débat entre l’industrie bancaire et les autorités de régulation au sujet des ratios de liquidité demandés par le Comité de Bâle. Hier à Wroclaw (Pologne), à la conférence Eurofi, les positions se sont avérées toujours très éloignées. La crise des dernières semaines «montre que si l’on avait un matelas de liquidité, cela aiderait beaucoup», a dit Mario Nava, en charge de la mise en œuvre des accords de Bâle 3 à la Commission européenne. «Les Européens perdraient une formidable occasion s’ils n’entraient pas dans ce débat».
Certains représentants de l’industrie ont minimisé le besoin de réforme au motif que la banque centrale doit jouer le rôle de prêteur en dernier ressort. D’autres ont annoncé la fin de la transformation bancaire. L’accord prévoit en réalité une période d’observation pour faire face aux conséquences inattendues.
Toutes les parties se préparent donc à une longue négociation qui s’étalera jusqu’à 2015 au moins, date prévue de mise en place du ratio LCR (à 1 mois). «Nous entrons dans cette phase d’observation avec l’esprit très ouvert», a dit Mario Nava. La définition de l’exposition au risque de liquidité tout comme le calcul de la liquidité disponible restent «liquides», s’est-il amusé.
Le vice-président de la Banque nationale suisse a posé une pierre dans le jardin des critiques de Bâle 3. «Nos banques n’ont pas eu de problème particulier» pour mettre en œuvre les nouvelles règles, a dit Thomas Jordan. Et d’ajouter: «nous n’avons pas constaté d’impact sur l'économie réelle». La Suisse a mis en place ses propres ratios, après 2008, qui diffèrent légèrement de ceux préconisés par Bâle.
Cependant plusieurs participants ont cru percevoir une attitude plus ouverte que par le passé de la part de l’Autorité bancaire européenne qui jouera un rôle clé dans la collecte des données de liquidité (à partir de 2012) le calibrage et la définition des ratios.
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