«La BCE n’a pas toutes les clés en main pour faire baisser durablement l’euro face au dollar»
François Cabau, économiste zone euro chez Barclays
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Solenn Poullennec
- L’Agefi : Quelle action de la BCE pourrait faire baisser durablement l’euro face au dollar?
- François Cabau : Nous pensons que trois facteurs soutiennent l’euro face au dollar: D’abord, le compte courant de la zone euro atteint des niveaux records de surplus. Deuxièmement, le deleveraging de la part des banques européennes qui réduisent leur distribution de crédits à l’étranger, et qui du coup ne compensent pas le retour des investisseurs étrangers dans les actifs libellés en euros. Enfin, le fait que la pente des taux américains ne s’est pas encore relevée significativement. Dès lors,la BCE n’a pas toutes les clés en main pour faire baisser de manière considérable et durable l’euro face au dollar. D’après nous, son action est néanmoins nécessaire pour rendre pérenne voire accentuer la récente dépréciation. Nous tablons sur une baisse des taux de refinancement et dépôt en juin, possiblement accompagnée de mesures pour stimuler le crédit.
- Comment la reprise britannique pourrait-elle agir sur l’euro/livre?
- Nous envisageons une appréciation significative de la livre sterling jusqu’à 0,77 à horizon 12 mois. Ceci serait la conséquence d’une reprise économique au rythme moyen supérieur à 2,5% sur les deux prochaines années. Nous pensons que la reprise en marche au Royaume-Uni est en train de devenir soutenable dans la mesure où elle paraît reposer désormais aussi sur l’investissement, et un peu moins que dans la phase initiale de la reprise sur la consommation des ménages. La banque d’Angleterre devrait donc resserrer sa politique monétaire d’ici un an (juin 2015) alors que la BCE s’apprête à l’assouplir de nouveau.
Pour renforcer sa sécurité économique, l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et à nouer de nouveaux partenariats. Elle doit notamment signer une alliance commerciale renouvelée avec le Mexique.
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