La BCE minimise l’impact de la titrisation des prêts aux PME sur le crédit
La Banque centrale européenne a décidé hier sans surprise de maintenir son principal taux directeur inchangé à 0,50% après la baisse de 0,25% opérée le mois dernier. Elle a aussi choisi de laisser intact le taux de facilité de dépôts à zéro alors que certains s’attendaient à ce qu’il passe en terrain négatif, en estimant qu’il n’y avait pas de changements majeurs justifiant d’agir maintenant. Mais les investisseurs ont surtout été déçus par les propos de Mario Draghi sur l’avancée des réflexions pour dynamiser le marché des ABS PME, ces titres adossés à des créances, et faciliter l’accès au crédit des entreprises.
Le président de la BCE a douché leurs espoirs de mesures rapides dans ce domaine, indiquant que l’éventuelle mise en place d’un tel dispositif n’interviendrait pas à court terme. «Alors que les attentes étaient limitées, la BCE a réussi à décevoir quand même. Certes, les anticipations d’une nouvelle baisse des taux étaient faibles. Mais des mesures destinées à favoriser la transmission du caractère extrêmement accommodant de la politique monétaire là où cela serait particulièrement nécessaire pouvaient être envisagées. Leur absence et la manière d’évoquer cette absence sonne comme un aveu d’impuissance de la part de la banque centrale», estime Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC.
La BCE a indiqué avoir créé un groupe de travail commun avec la Banque européenne d’investissement (BEI) sur ce dossier de la titrisation des prêts aux PME. L’institution estime en fait qu’il revient à la BEI de prendre l’initiative. Depuis plusieurs mois déjà, Mario Draghi a fait de la titrisation une piste pour relancer le canal du crédit en Europe. En fait, la BCE souhaiterait faire intervenir dans ce programme la BEI, qui pourrait soit se charger des achats directement, soit garantir les prêts aux PME qui serviraient de sous-jacents aux titres. Mais pour que le plan soit efficace, la BEI devrait elle-même augmenter significativement sa force de frappe, et se tourner ainsi vers ses actionnaires à savoir les 27 Etats membres de l’Union européenne.
Mario Draghi a tenté de minimiser l’impact que pourraient avoir ces mesures en rappelant que même avant la crise, le marché des ABS adossés à des prêts aux PME était limité en raison notamment de la difficulté à les valoriser correctement. Il a aussi évoqué les risques liés à ce type de produits, en partie à l’origine de la crise financière.
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