Si la liquidité excédentaire a augmenté moins fortement que prévu, le taux Eonia oscille depuis le 12 juin entre 0,01% et 0,04%
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Patrick Aussannaire
Le marché monétaire européen s’adapte au nouveau paradigme dicté par la BCE. La liquidité excédentaire a certes augmenté de 20 milliards d’euros pour atteindre 139 milliards suite à l’arrivée à échéance du dernier term deposit à 7 jours (le véhicule de stérilisation du programme SMP), mais moins que prévu. Si 100 milliards d’euros non stérilisés pouvaient faire grimper l’excédent d’autant, la hausse des facteurs autonomes de 35 milliards dû à l’effet fiscal italien, ainsi qu’une moindre demande à l’appel d’offres hebdomadaire MRO, de 98 milliards contre 137 milliards précédemment, ont ralenti cet effet.
«Les banques disposant d’amples liquidités préfèrent payer -10pb à la BCE que de prêter de l’argent aux autres établissements. Et les banques en manque de fonds doivent encore se refinancer auprès de la BCE», explique SG CIB, qui décrit un marché fragmenté. Dans ce contexte, «les volumes échangés ont été résilients et l’Eonia s’est stabilisé juste au-dessus de zéro, alors que l’excédent de liquidité a été volatil», ajoute CA CIB. Depuis le 12 juin, le niveau de l’Eonia a oscillé dans un intervalle serré compris entre 1 pb et 4,3 pb. Sur cette période, sa moyenne a chuté à 2,8 pb, après environ 25 pb en avril et mai.
Cette semaine s’annonce néanmoins incertaine. Dernière de la période de constitution de réserves de juin, elle est généralement marquée par une baisse des besoins de liquidités. «Les banques en avance sur la constitution de ces réserves pourraient tenter de réduire drastiquement l’encours de leurs comptes ‘banques centrales’ (SEBC), ce qui pèserait sur les taux courts», explique Aurel BGC. Les marchés anticipent que l’Eonia passe pour la première fois en territoire négatif, avec un taux de swap à une semaine qui a chuté à -2,4 pb hier. Si l’impact sur la partie ultracourte devait être limité, «les effets plus loin sur la courbe seraient plus marqués», estime SG CIB.
Mais, si la BCE devait maintenir le statu quo jeudi, «les banques ont déjà les yeux tournés vers le premier TLTRO de septembre, en attendant les détails de la BCE, dont dépendront notamment le rythme de remboursement des LTRO à 3 ans dans les semaines à venir», ajoute Frédérik Ducrozet, économiste chez CA CIB. Barclays anticipe une liquidité excédentaire supérieure à 300 milliards d’euros après les TLTRO de septembre et décembre. A 5 pb hier, le taux de swap à 6 mois révèle des anticipations d’Eonia légèrement positives à fin décembre.
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