La BCE est attendue sur de nouvelles mesures non conventionnelles dès octobre
Le Conseil des gouverneurs de la BCE du 6 octobre aura une tonalité particulière. D’une part, il s’agira du dernier de Jean-Claude Trichet, avant son remplacement par Mario Draghi. Surtout, forcée de réagir dans un contexte d’enlisement de la crise de la zone euro, de tensions sur le financement des banques et de craintes de récession, l’institution pourrait annoncer de nouvelles mesures.
Le président de la Banque centrale de Belgique, Luc Coene, l’a confirmé dans une interview à Bloomberg jeudi dernier. A propos du taux directeur, «la BCE n’a jamais rien exclu à l’avance», a-t-il rappelé. Les marchés à terme anticipent, avec la même probabilité d’un tiers, des abaissements du taux directeur de 25 pb et de 50 pb et un statu quo. Les économistes de Royal Bank of Scotland attendent un geste imminent de 50 pb. «Comme une partie du problème est due à une perte généralisée de confiance, nous croyons qu’une baisse de taux de 25 pb serait contre-productive, écrivent-ils dans une note de jeudi dernier. Les chances d’un geste de 50 pb sont bien plus élevées». La décision d’une baisse de taux étant plus facile à prendre pour Jean-Claude Trichet que pour son successeur, son annonce devrait plutôt avoir lieu en octobre que plus tard, d’après Barclays Capital.
Mais les décisions de la BCE ne devraient pas se réduire à une annonce sur le taux directeur. La réintroduction des opérations de refinancement des banques à un an, voire plus, fait partie des mesures possibles, d’après Luc Coene. «Nous pouvons faire ce pourquoi il y a un besoin urgent. Je ne pense pas que cela soit nécessaire pour le moment mais cela pourrait l'être dans deux semaines», a-t-il expliqué. Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, a confirmé vendredi cette possibilité.
La reprise des opérations exceptionnelles de refinancement à un an que la BCE a déjà opérées en 2009 pour aider les banques à se financer calmerait les tensions sur le marché monétaire. Les économistes suggèrent aussi plusieurs autres options. Ceux de RBS tablent sur une réouverture du programme d’achats d’obligations sécurisées, qui, de juillet 2009 et juillet 2010, a porté sur 60 milliards d’euros de titres. Les spécialistes de Barclays Capital préconisent un élargissement du corridor, aujourd’hui de 75 pb : ceci «s’apparenterait à une baisse de taux, aidant l’Eonia à baisser, ce qui serait significatif pour les marchés et donc pour l'économie».
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