La BCE doit encore préciser comment stériliser ses rachats de dette
Soucieuse de lutter contre l’inflation dans la zone euro, la Banque centrale européenne s’est engagée jeudi à stériliser totalement les liquidités offertes en échange des obligations d’Etat à court terme qu’elle compte racheter en quantité «illimitée» sur le marché secondaire.
Pour ne pas être accusée de faire marcher la planche à billets, l’institution entend ainsi retirer du circuit monétaire un montant équivalent à celui injecté en vertu du principe déjà en vigueur dans le cadre de son précédent programme, le SMP (securities markets program) lancé en 2010. Mais pour son nouveau plan d’action baptisé OMT (outright monetary transactions), Mario Draghi le président de la BCE n’a pas précisé comment il comptait procéder du point de vue technique. Jusque-là, pour neutraliser les effets de ses rachats et maintenir le niveau de masse monétaire, la BCE vendait aux banques du papier à maturité 7 jours, les «one week term deposits», en contrepartie de quoi ces dernières lui confiaient des liquidités rémunérées en moyenne à 0,01% de plus que sa facilité de dépôt.
Ces derniers mois, la BCE a reçu environ 400 milliards d’offres de dépôt chaque semaine en moyenne. Selon Frederik Ducrozet économiste chez Crédit Agricole CIB, «il pourrait y avoir un débat à propos des outils utilisés» pour stériliser les nouvelles liquidités injectées. Il souligne ainsi que la BCE «est autorisée par ses statuts à émettre des certificats de dette avec des maturités de moins de 12 mois», ce qui permettrait à la BCE d’allonger la durée de rétention des liquidités.
Pour les économistes de JPMorgan, la stérilisation constitue une «manœuvre de diversion» dans la mesure où ce mécanisme ne retire les liquidités du circuit financier que pour une courte durée et que la banque centrale pratique, par ailleurs, une politique d’allocation illimitée de ressources aux banques.
En outre, cette méthode ne diminue pas la taille du bilan de la BCE. «Du point de vue des banques, la stérilisation transforme simplement leurs réserves sur leur compte courant à la BCE en un dépôt à une semaine. Nous doutons que cela change leur comportement de manière significative», souligne Greg Fuzesi, économiste chez JPMorgan.
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