La BCE dispose de trois modes d’intervention possibles

Après les déclarations de juillet suivies d’une temporisation en août, la BCE devra annoncer les mesures que le marché attend
Sylvain Broyer - Natixis

Personne ne peut prétendre savoir quel sera le contenu de l’intervention attendue de la BCE. Mais on peut envisager trois modes d’intervention. Tout d’abord, une nouvelle baisse de 25 pb des trois taux, si la BCE a gagné la conviction qu’un taux négatif sur la facilité de dépôt n’a pas de conséquences négatives tant que les réserves excédentaires, celles du compte courant, restent rémunérées à zéro ; ou plus probablement, une baisse du repo sans baisse de la facilité de dépôt, si la BCE suit le principe de précaution qu’elle affichait le mois dernier. Ensuite, un nouveau programme d’achats d’obligations souveraines, probablement sur des titres courts (monétaires ?) pour respecter au mieux son mandat. La BCE communiquerait sur un volume global et tairait toutes autres conditions d’intervention. Pour être efficace, il lui faudra en revanche impérativement montrer qu’elle occupe le terrain, par exemple en achetant à fréquence journalière et en communiquant immédiatement. Enfin, on peut s’attendre à des assouplissements pour les actifs pris en pension, par exemple en abaissant les haircuts pour les actifs dont la classe de crédit est inférieure à 2. Notons que la BCE laisse la liberté aux banques centrales nationales d’accepter des créances moins bien notées depuis février dernier.

La question est de savoir si «cela sera suffisant», comme Mario Draghi l’a martelé. Dans un premier temps, l’effet sur le marché sera très positif, mais dans l’absolu, on peut en douter. Les dépôts bancaires reculent désormais aussi au Portugal et en Espagne. Il va donc certainement falloir procéder à une troisième injection de liquidité (LTRO).

De plus, la BCE n’arrivera pas seule à tirer l’Europe du paradoxe qui montre que toujours plus d’austérité ne réduit pas les déficits publics. Ils se creuseront cette année au Portugal à 5% de PIB. Ils resteront proches de 8% en Grèce, peut-être plus en Espagne. Baisser la charge de la dette en ciblant les taux ne suffira pas à tenir les objectifs de réduction des déficits. Il faudra inévitablement allonger ces échéances. Et ce serait un moindre mal.

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