La BCE devrait se laisser le temps d’analyser l'évolution de la conjoncture avant d’agir
Les membres du Panel Taux s’attendent tous à ce que la Banque centrale européenne (BCE) laisse ses taux inchangés dans les six prochains mois. Cette unanimité, à quelques jours de la réunion mensuelle de la BCE de jeudi n’est pas étonnante: en fixant son taux directeur à 0,05% en septembre, la banque centrale avait fait savoir qu’il ne serait plus baissé et a montré sa détermination à prendre de nouvelles mesures d’assouplissement si la faiblesse prolongée de l’inflation devenait trop préoccupante.
Le taux d’inflation annuel dans la zone euro est ressorti à 0,4% pour le mois d’octobre contre 0,3% en septembre. Cette légère remontée s’explique surtout par la hausse des prix de l’alimentation, de l’alcool et du tabac et par le moindre repli des prix de l’énergie. En revanche, l’inflation sous-jacente a reculé à 0,7% ce mois-ci contre 0,8%, le mois dernier. «La BCE devrait rester sous pression pour ramener l’inflation vers sa cible», note Martin van Vliet, chez ING.
«Nous nous attendons à ce que la BCE attende la réunion de décembre avant de décider d’éventuelles nouvelles actions alors qu’elle est en train de juger des effets des mesures de stimulus déjà existantes», poursuit l’économiste. Après avoir commencé ses achats d’obligations sécurisées en octobre, la BCE a annoncé la semaine dernière qu’elle achèterait des titrisations dès novembre. «La banque centrale devrait rester en “mode attente”, tout en laissant la porte ouverte à davantage de soutien si nécessaire», explique Marco Valli, chef économiste chez UniCredit.
Les derniers indicateurs économiques sont mitigés. L’indice PMI composite pour la zone euro (52,2) témoigne d’une expansion de l’activité au mois d’octobre mais laisse attendre une croissance de seulement 0,25% au troisième trimestre qui pourrait s’affaiblir ensuite, selon Markit. Le sondage sur les conditions de prêts de la BCE fait état d’un assouplissement des conditions d’octroi de crédits et d’une progression de la demande de prêts au troisième trimestre. Il révèle cependant des inquiétudes vis-à-vis de la conjoncture économique.
Aux yeux de l’économiste de Crédit Agricole CIB, Frederik Ducrozet, la BCE pourrait élargir en décembre le spectre de ses achats d’actifs aux obligations d’entreprises et non aux titres d’Etat, et assouplir les modalités de fonctionnement des opérations de refinancement ciblées sur l’économie réelle (TLTRO) dont la prochaine aura lieu le 11 décembre. Selon la recherche de Citi, la banque centrale ne pourra pas s’en tenir là: «pour respecter son mandat, le conseil des gouverneurs devra élargir le champ de ses achats d’actifs pour inclure des titres d’Etat, selon nous à la fin de 2014 ou au début de 2015».
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