La BCE devrait maintenir son cap lors de sa réunion demain
En dépit de l’amélioration de la conjoncture économique dans la zone euro, analystes et économistes ne prévoient pas que la Banque centrale européenne (BCE) infléchisse sensiblement sa politique et son discours, lors de sa réunion mensuelle de demain.
«Nous nous attendons à ce que la BCE reconnaisse l’amélioration des enquêtes, des données économiques et de divers indicateurs sur les marchés financiers mais aussi à ce qu’elle souligne le besoin de maintenir une politique monétaire extrêmement accommodante», écrit Guillaume Menuet, économiste chez Citi. L’indice PMI d’activité économique dans la zone euro est ressorti à 54 en mars, ce qui augure d’une accélération de la reprise, selon les économistes de Markit.
«Le QE a commencé à marcher et, pour la première fois depuis très longtemps, la BCE peut s’installer confortablement et se détendre», écrit l’économiste d’ING, Carsten Brzeski. En mars, la BCE a respecté son objectif d’achat mensuel de 60 milliards d’euros de titres dans le cadre du QE. Hier, elle a dévoilé qu’elle avait acheté, au 10 avril dernier, quelque 61,7 milliards d’euros de titres du secteur public (dans le cadre de son programme PSPP), 67,2 milliards d’euros d’obligations sécurisées et 5,3 milliards d’euros de titrisations.
Ces achats n’ont pas provoqué de dysfonctionnement sur les marchés obligataires à ce jour. Ils n’ont pas non plus réduit le collatéral disponible sur les marchés du repo, souligne Giuseppe Maraffino, stratégiste taux chez Barclays. Afin de prévenir tout problème sur les marchés, les banques centrales nationales ont dévoilé depuis l’annonce du PSPP les modalités des prêts de titres possibles dans le cadre du programme. Si la BCE a annoncé qu’elle pourrait modifier, à partir de demain, la liste des agences, des institutions supranationales et internationales, dont les titres sont éligibles au PSPP, les économistes n’attendent pas de changement majeur du QE à court terme.
«Certains ajustements pourraient être apportés au fonctionnement du PSPP dans la seconde partie de cette année», écrit cependant Frederik Ducrozet, chez Crédit Agricole CIB. La BCE pourrait accroître la possibilité pour les banques centrales nationales d’acheter des titres de substitution aux titres d’Etats et d’agences si ceux-ci ne sont pas suffisamment disponibles. Elle pourrait également autoriser l’Eurosystème à acquérir plus de 25% des titres d’une émission, «notamment pour augmenter l’offre de titres souverains éligibles».
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