Equivalent à 60 milliards d’euros d’achats de titres publics et privés par mois, il durera au moins jusqu'à la fin du mois de septembre 2016.
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Solenn Poullennec
La BCE a dévoilé hier le détail du programme d’assouplissement quantitatif. Tour d’horizon:
- Quelle sera la taille du QE ?
- La BCE et les banques centrales nationales vont acheter 60 milliards d’euros de titres publics et privés chaque mois. Ce montant comprend les achats effectués dans le cadre des programmes d’achat d’obligations sécurisées (CBPP3) et de titrisations (ABSPP) qui ont commencé l’année dernière. La répartition des achats entre dette publique et privée n’est pas connue mais le président de la BCE, Mario Draghi, a laissé entendre que les achats de titres privés resteraient dans la ligne de ce qu’ils ont été, ce qui laisse attendre environ 50 milliards d’euros d’achats souverains ou quasi-souverains.
- Combien de temps durera-t-il ?
- Il débutera en mars 2015. Les achats doivent durer «au moins jusqu’à la fin de septembre 2016» et «dans tous les cas, au moins jusqu’à ce que le conseil des gouverneurs repère un ajustement de la trajectoire de l’inflation qui soit cohérent avec l’objectif d’avoir des taux d’inflation en dessous mais proche de 2% à moyen terme».
- Quels titres sont éligibles au QE ?
- Le QE permettra d’acheter, sur le marché secondaire, des titres d’Etat européens mais aussi des titres d’agences et d’institutions internationales ou supranationales de la zone euro. Les achats seront réalisés en fonction de la part des banques centrales nationales au capital de la BCE. Celle-ci, et les banques centrales nationales, achèteront les titres qui sont classés en catégorie d’investissement et qui ont une maturité de 2 à 30 ans. Les titres à taux variables ou indexés sur l’inflation seront aussi éligibles au programme. Soucieux de garantir «une formation des prix adéquate», l’Eurosystème ne pourra pas acheter plus de 33% de la dette d’un même émetteur et ne pourra pas acheter plus de 25% de chaque ligne obligataire.
- Comment sera traitée la Grèce ?
- Notée en dehors de la catégorie investissement, la dette grecque (comme celle de Chypre) ne sera éligible que si le pays applique le programme d’assistance financière de l’Union et du FMI. Leur éligibilité sera suspendue pendant les revues du programme. Sachant que la BCE ne pourra pas acheter plus de 33% de la dette d’un même émetteur, Mario Draghi a expliqué que l’institution ne devrait pas être capable de prendre sur son bilan des titres grecs avant le mois de juillet. A partir de cette date, des montants importants de titres du pays achetés dans le cadre du programme SMP devraient arriver à maturité.
- Qui porte le risque lié au QE ?
- Au bout du compte, 20% des titres achetés dans le cadre du QE pourront faire l’objet d’un partage des pertes dans l’hypothèse d’un défaut. Dans le détail, la BCE détiendra 8% des achats réalisés dans le cadre du QE. Sur la part des banques centrales nationales, l'équivalent de 12% des achats du QE sera partagé entre les membres de l’Eurosystème, les 80% restants n'étant donc pas mutualisés en théorie. Le président de la BCE a insisté sur le fait que la question du partage des risques n’était pas centrale pour le QE.
- La BCE sera-t-elle pari-passu avec les autres investisseurs ?
- La BCE et les banques centrales nationales seront traitées comme les autres investisseurs et non comme des investisseurs seniors. Une approche destinée à garantir le moins de perturbations possible sur les marchés. La BCE a par ailleurs précisé que les achats réalisés dans le cadre du QE étaient limités à 25% de chaque ligne obligataire afin que la BCE ou les banques centrales nationales ne détiennent pas de minorité de blocage dans les assemblées de porteurs d’obligations régies par des clauses d’actions collectives (CAC). Ces clauses servent à faciliter les restructurations de dette.
- Le QE fait-il consensus au sein de la BCE ?
- Les gouverneurs ont été unanimes pour dire que le QE est bien un instrument de politique monétaire autorisé. Une large majorité des gouverneurs a donné son accord pour que la BCE passe à l’action dès maintenant. Il n’a pas été nécessaire de voter mais la discussion a été importante à ce sujet. La BCE a justifié l’annonce du QE par la faiblesse de l’inflation et par le fait que ses dernières mesures n’ont pas assoupli suffisamment les conditions monétaires. Enfin, il y a eu un «consensus» sur le partage des risques établi dans le cadre du programme.
- Qu’advient-il des TLTRO ?
- Dans le cadre de ses opérations de refinancement à long terme, la BCE a décidé de ne plus prélever une marge de 10 points de base au-dessus du taux des principales opérations de refinancement (aujourd’hui à 0,05%).
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