La BCE dément qu’une décision ait été prise sur ses nouvelles formes d’intervention
La Banque centrale européenne (BCE) a cherché à tempérer les spéculations sur les modalités de son nouveau plan de rachats d’obligations, lundi. « Il est absolument trompeur d’évoquer des décisions qui n’ont pas encore été prises, pas plus qu’elles n’ont été discutées par le conseil des gouverneurs de la BCE, qui interviendra strictement dans le cadre de son mandat », a réagi un porte-parole de la BCE après la publication d’un article du magazine allemand, Der Spiegel.
Dimanche, ce magazine a rapporté que la BCE envisageait de fixer des seuils de taux d’intérêt pour les obligations souveraines de pays en difficulté et d’en racheter si celles-ci font apparaître des rendements dépassant un certain niveau de prime (spread) par rapport au rendement du Bund équivalent.
Mais la BCE a tout autant recadré les déclarations du porte-parole du ministère allemand des Finances, qui affirmait n’être au courant d’aucun projet de la BCE sur les spreads de taux, et qu’ « un tel instrument serait certainement très problématique ». Pour la BCE, « s’agissant des déclarations de responsables gouvernementaux, il est également erroné de spéculer sur la forme que pourraient prendre des interventions futures de la BCE. La politique monétaire est indépendante et décidée strictement dans le cadre du mandat de la BCE ».
La Bundesbank a volé au secours du ministère des finances en critiquant, une fois de plus, dans une publication mensuelle parue aujourd’hui, le nouveau programme de rachat de titres souverains envisagé par la BCE pour diminuer les coûts d’emprunt des pays en difficulté. Elle y voit un refinancement monétaire des gouvernements, ce qui irait donc à l’encontre de la législation européenne.
Conséquences directes de ces mises au point, l’euro a perdu du terrain, touchant des plus bas de séance sous 1,23 dollar. A 15h30, il se traitait autour de 1,2315 dollar. Le rendement de l’emprunt d’Etat espagnol à 10 ans, repassé ces derniers temps très en deçà de la barre des 7% jugés insoutenables à long terme, est remonté à 6,35% contre 6,25% auparavant.
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