La BCE assouplit les règles d’admission des actifs titrisés placés en garantie
Les titrisations notées au moins BBB- seront acceptées. La Bundesbank se dit critique à l'égard de cette décision
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Violaine Le Gall
Les banques espagnoles les plus fragiles peuvent être soulagées. Alors que certaines étaient à court d’actifs éligibles à déposer à la BCE en échange d’un financement, elles profiteront bientôt de l'élargissement de la palette d’actifs acceptés. L’institution de Francfort a dévoilé vendredi dernier ces nouvelles règles. Elles concernent les titrisations, les actifs jusqu’ici les plus mal traités en termes de décote appliquée par la banque centrale. La mesure ne fait d’ailleurs pas l’unanimité. «La Bundesbankest critique (à l'égard de cette décision)», a indiqué un porte-parole de la banque centrale allemande à Reuters.
La BCE a supprimé la règle selon laquelle les titres adossés à des actifs (ABS) dans le secteur automobile, le crédit à la consommation et l’immobilier commercial devaient être notés AAA à l'émission. A présent, il suffira qu’ils soient notés au moins A- depuis leur création par deux des quatre agences reconnues par la BCE pour être acceptés en garantie. Pour ces ABS, la décote est fixée à 16%. En décembre dernier, l’institution de Francfort avait déjà pris une décision équivalente pour les actifs adossés à des prêts hypothécaires et aux PME.
Surtout, la banque centrale va accepter des titrisations moins bien notées. Elle vient de rendre éligibles les ABS notés au moins BBB- par deux agences, comme c’est déjà le cas pour les actifs plus liquides. Les sous-jacents devront être des prêts hypothécaires, automobiles, à la consommation, ou des prêts aux PME. La décote unique appliquée sera dans ce cas plus lourde, à 26 %. Pour les CMBS notés au moins BBB-, la décote grimpera à 32 %. Les modifications juridiques nécessaires seront réalisées le 28 juin.
A ces mesures valables à l'échelle de la zone euro, s’ajoutent les décisions des banques centrales nationales prises en février dernier au moment de la deuxième injection à 3 ans (LTRO). La Banque d’Espagne fait d’ailleurs partie des sept institutions à avoir élargi les actifs éligibles aux crédits bancaires. Mais «les banques espagnoles ne semblent pas avoir utilisé ce dispositif», estiment les stratégistes de Barclays Capital.
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