La BCE alerte sur les risques du plan de participation du secteur privé
Pas d'événement de crédit et pas de défaut, même sélectif sur la Grèce, martelait Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne début juillet. Mais la BCE risque fort de devoir renoncer à ce vœu. Depuis, le plan de participation du secteur privé (PSI, Private Sector Involvement) a vu le jour. Il est même à présent question de faire passer la décote supportée par les banques sur leurs titres de 21% à environ 50%.
Si ce niveau est choisi par les gouvernements, il sera difficile de considérer l'échange comme volontaire. Or, «la décision du comité de détermination de l’Isda, composé de participants de marché, dépend davantage du caractère volontaire ou non de l’opération que du niveau de la décote, indique Steven Kennedy, responsable de la communication de l’Isda, à L’Agefi. Le comité se réunira pour traiter la question si l’un des participants le demande».
La BCE n’a pas encore abandonné la partie. Elle vient d’alerter sur les risques pour la stabilité financière d’un PSI dans une union monétaire, sans citer précisément le dossier grec, dans son bulletin mensuel publié hier. Son «application à un pays membre peut mettre en péril la stabilité financière de l’ensemble de l’union monétaire», avertit l’institut d'émission. D’abord, un tel programme peut avoir des effets négatifs directs sur les bilans des banques à travers la zone euro, ce qui rendrait nécessaire une recapitalisation du secteur à grande échelle, aujourd’hui au programme de Bruxelles. Ensuite, si cette dernière est supportée par des Etats déjà fragilisés, elle se traduira par une détérioration des finances publiques, et donc de la qualité de crédit, ce qui augmentera le stress sur le financement bancaire.
«Le PSI pourrait porter préjudice à la réputation de la monnaie unique au niveau international, et augmenter la volatilité sur les marchés des changes», prévient la BCE. Les investisseurs internationaux risquent en outre d’avoir des réticences à investir significativement dans des actifs libellés dans une monnaie émise par des Etats qui n’honorent pas entièrement leurs obligations et qui pourraient choisir la mise en place d’un PSI dans certaines circonstances avant toute autre action.
Dans ce contexte, la BCE s’oppose aux solutions qui ne seraient pas «purement volontaires». «Les risques du PSI soulignent l’importance d’une gouvernance forte de l’union monétaire afin que la position budgétaire de tous les Etats soit saine à tout moment», explique la BCE. Elle rappelle aussi la nécessité d’avoir un mécanisme de stabilité européen pour offrir une assistance financière, sous des conditions strictes.
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