La BCE achève le premier mois de ses rachats d’obligations sur un succès
La BCE maintient le cap. Malgré une pression croissante pour baisser à nouveau son taux de dépôt, l’autorité monétaire de la zone euro a précisé dans les minutes de sa dernière réunion du 5 mars, publiées hier, que son niveau actuel de -20 pb (points de base) est considéré «comme un point bas». Elle se montre en revanche plus flexible concernant la liste des dettes d’agences éligibles à son programme de rachats et sur le seuil limite de détention des titres individuels de 25% «qui pourrait être modifié si besoin, au moins pour les titres notés AAA», selon Frédérik Ducrozet, économiste chez CA CIB.
Au 27 mars dernier, 41,02 milliards d’euros d’obligations publiques avaient été rachetées dans le cadre du programme PSPP, auxquels s’ajoutent 1,2 milliard d’ABS et 12 milliards de covered bonds dans le cadre du programme «CBPP3», soit un montant total de plus de 54 milliards en trois semaines. Avec les derniers achats effectués sur les trois derniers jours du mois, dont le niveau sera connu la semaine prochaine, la BCE devrait être très proche de son objectif de 60 milliards d’euros mensuels de titres pour le premier mois d’existence de son programme complet.
La hausse automatique de la liquidité excédentaire dans l’Eurosystème a déjà permis au taux Euribor juin 2016 de passer mardi en territoire négatif, alors que les rendements du Schatz allemand et de l’OAT à 2 ans ont inscrit de nouveaux plus bas historiques, à -25 pb et -18 pb. Plus de 30% des obligations d’Etat ont un rendement négatif, et les Bund d’échéance 2019 se négocient désormais tous sous le seuil des -20 pb. «La baisse continue des taux fait qu’un nombre croissant d’obligations n’est plus éligible au PSPP, leur rendement étant inférieur au taux du dépôt», alerte René Defossez, stratégiste chez Natixis.
Des rumeurs ont d’ailleurs à nouveau fait état de difficultés pour la BCE à trouver des obligations à racheter, alors que certaines banques centrales nationales se montrent de plus en plus réticentes à acheter des titres assortis de rendements négatifs. SG CIB estime même qu’«un rebond de seulement 3 pb dans le secteur deux ans réduirait encore de 40 milliards d’euros la gamme d’obligations concernées par les achats de la BCE». Du côté des vendeurs, «si les investisseurs étrangers ont un intérêt à vendre à la BCE, c’est beaucoup moins clair pour les investisseurs domestiques sous contraintes réglementaires», ajoute René Defossez.
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