La BCE a acheté plus de 200 milliards d’euros de dette souveraine
Des voix s'élèvent pour qu’elle renforce encore le programme d’achat de dette afin de maintenir les taux en dessous d’un certain seuil
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Solenn Poullennec
Alors que les taux des pays européens restent très élevés, les économistes sont plus nombreux à mettre leurs derniers espoirs entre les mains de la BCE. Depuis le lancement de son programme de rachat de dette souveraine (Securities Markets Programme) en 2010, la banque centrale a acheté 203,5 milliards d’euros de dette. Rien que la semaine dernière, elle est intervenue à hauteur de 8,5 milliards d’euros.
Si la Banque a mis quinze mois à acquérir les premiers 100 milliards d’euros de dette, l’autre moitié aura été empochée en trois mois seulement. Cette montée en puissance est encore insuffisante aux yeux de certains. «Nous savons qu’il y a beaucoup de désaccords, mais la BCE devrait se décider à lancer un message très fort aux marchés en fixant un plafond de taux d’intérêt qui serait crédible au vu des capacités d’intervention de la banque», a déclaré l’économiste en chef de l’OCDE, Pier Carlo Padoan à Reuters hier.
L’action de la BCE est loin d’avoir été aussi poussée que celle de la Réserve Fédérale et de la Banque d’Angleterre, rappellent les économistes de Crédit Agricole. «Le programme de rachat d’actifs devrait atteindre 1.200 milliards d’euros supplémentaires pour que le ratio d’actifs achetés par rapport à la taille du bilan atteigne celui des Etats-Unis ou de la Grande-Bretagne», notent-ils. Selon eux, la BCE pourra encore longtemps «stériliser» ses interventions sur le marché de la dette.
Pour Erik Nielsen, économiste en chef d’UniCredit, ni les traités, ni l’inflation, ni le risque d’aléa moral, n’empêcheraient une intervention massive de la BCE «Ma préférence irait à ce que la BCE déclare que pour un an aucun Etat de la zone euro qui se finance sur le marché ne devrait le faire à des taux supérieur à 4% pour de la dette allant jusqu’à cinq ans, à condition que leurs politiques macroéconomiques aient été approuvées par la Troïka», écrit-il.
Signe que la tension ne se relâche pas sur les marchés, la Belgique a placé 2,005 milliards d’euros sur des lignes arrivant à échéance en 2018, 2021, 2035 et 2041. Le rendement de l’émission à 10 ans est ressorti à 5,659% contre 4,372% lors de la dernière émission de même maturité en octobre. L’Italie n’a levé hier que 567 millions d’euros d’obligations liées à l’inflation de maturité 2023 pour s’assurer un taux de 7,3%. Hier soir, les taux à 10 ans traitaient à 7,2%.
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