La banque privée en Europe devrait connaître une nouvelle phase de consolidation
Le paysage de la banque privée en Europe devrait encore évoluer dans les années qui viennent. Selon la dernière étude du cabinet McKinsey, les allocations plus prudentes des investisseurs et l’environnement plus contraignant en termes réglementaires ont pour conséquence une moindre profitabilité des banques privées, ce qui pourrait accentuer les mouvements de consolidation.
Depuis la crise financière, les revenus sur encours ont été ramenés à 80-85 points de base (pb) en Europe en 2009 et 2010 alors qu’ils s’établissaient à environ 100 pb entre 2005 et 2007. Et même si les marges opérationnelles se sont améliorées grâce à une baisse des coûts de 4 pb en 2010, à 24 pb, elles restent inférieures de 11 pb à leurs niveaux d’avant la crise. «Il sera difficile de revenir à ces niveaux dans un futur proche. Nous avons une industrie qui doit composer avec le nouvel environnement, nettement moins rémunérateur qu’auparavant», prévient Sébastien Lacroix, directeur associé chez McKinsey.
Les disparités entre les différents établissements se révèlent importantes. Les banques privées adossées à des banques universelles qui viennent s’implanter sur des marchés étrangers où elles ne bénéficient pas de réseau souffrent beaucoup depuis deux ou trois ans. Elles commencent à s’interroger sur ce type de stratégie. L’effet de seuil compte également : les banques gérant moins de 5 milliards d’euros ont en moyenne une base de coût de 20 pb supérieure (à 80pb) à celles dont les actifs dépassent 10 milliards (60 pb). Ce sont souvent celles qui n’ont pas su donner la priorité au conseil et à l’accompagnement du client, selon McKinsey, qui rappelle que les mandats conseillés sont de plus en plus recherchés par les investisseurs.
«Cette dispersion de performance appelle un certain nombre de banques à bouger au risque d’être encore plus en difficulté avec une possible consolidation du secteur, notamment pour les acteurs dont la taille critique ne permet pas de bénéficier des effets d’échelle», souligne Sébastien Lacroix. Néanmoins, le fait que les activités de banque privée soient peu gourmandes en fonds propres et génératrices de liquidités devraient limiter la consolidation, ajoute l’expert.
En 2010, les actifs sous gestion en banque privée ont progressé de 9% en Europe et la collecte nette a augmenté de 2%, relève McKinsey. Ces chiffres pour la France ressortent respectivement à 8% et 3%.
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