La banque privée de BNPP Fortis vise les 85 milliards d’euros d’actifs
«La Belgique est un Etat pauvre peuplé de gens riches», a coutume de dire André Bergen, l’ancien président de KBC. Ce constat, que personne ne songe à démentir Outre-Quiévrain, est en train de faire les choux gras de BNP Paribas. Depuis le rachat de Fortis, la banque privée du groupe a adopté un rythme de croissance exponentiel. La Belgique représente déjà à elle seule 23% des actifs de la banque privée de l’ensemble du groupe. Le total d’actifs sous gestion «projeté fin 2010» atteint 54 milliards d’euros, a estimé hier Peter Vandekerckhove, membre du comité exécutif de BNP Paribas Fortis. C’est 20% de plus qu’à la fin de l’année dernière.
On estime à Bruxelles que la croissance devrait rester vigoureuse. «Nous visons 85 milliards d’euros», ajoute le patron de la banque de détail et privée, qui répugne cependant à donner des indications sur les parts de marché. «Cela n’a pas de sens», dit-il, le ticket d’entrée variant fortement d’un groupe à l’autre. Et d’ajouter cependant: «la part de marché naturelle de la banque est de 25 à 30%». Celui de BNPP Fortis Private Banking, qui compte 73.500 clients en Belgique, a été abaissé l’an dernier à 250.000 euros, même si le groupe veut également croître «dans le haut du marché». La banque a plus investi en gestion de fortune que prévu dans le plan stratégique d’origine avec BNP Paribas.
Pierre Vandekerckhove met ce succès sur le compte de deux innovations introduites en 2010 : l’«approche globale patrimoniale» et la «gestion discrétionnaire asymétrique». Sur l’aspect patrimonial, l’accent a été mis sur le conseil juridique avec le recrutement en 2010 d’une dizaine de juristes supplémentaires, sur une centaine de recrutement. Sandra Wilikens, directrice de la structuration de fortune, estime que la situation budgétaire en Belgique et ailleurs en Europe devrait se traduire par une augmentation de la pression fiscale mais que, néanmoins, le potentiel de rapatriement de fortune offshore reste important.
Côté gestion, la gestion asymétrique a attiré 15% des nouveaux mandats. «Les gens sont prêts à ne pas prendre toute la hausse du marché pendant quelques années si cela permet de se couvrir dans les années creuses», explique Stefan Van Geyt, directeur services d’investissement. La banque a également complété son offre d’investissement en 2010 en lançant un fond de placement privé avec la Gimv, pour un montant modeste de 12 millions d’euros.
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