La Banque Postale est prête à distribuer de l’assurance IARD au plus vite
Patrick Werner ne vend pas encore de crédit à la consommation aux clients de la Banque Postale, mais pense déjà à l’assurance dommages. «A l’heure [de la banalisation] du Livret A, il serait impensable que nous ne puissions pas faire de l’assurance IARD», a indiqué en fin de semaine dernière le président de la banque, lors d’une présentation du nouveau plan stratégique 2008-2012 du groupe La Poste par son comité exécutif. Un plan – baptisé «performance et confiance» – qui prévoit, pour la filiale bancaire, un taux de croissance moyen annuel des revenus de 4,5 %.
«On y travaille déjà. Nous sommes prêts à démarrer le processus de sélection d’un partenaire dès que nous aurons eu le feu vert de l’Etat», précise le dirigeant, qui estime son établissement «tout à fait capable de mener en même temps» les dossiers de l’assurance et du crédit à la consommation.
S’agissant de ce deuxième métier, la Banque Postale a lancé en décembre 2007 un appel à candidatures. «Tout ceux qui avaient une chance raisonnable d’aller au bout» y ont répondu. Les candidats ont passé leur grand oral, et la filiale de La Poste se donne jusqu’à la fin 2008 pour choisir l’heureux élu, afin de démarrer cette activité fin 2009. Parmi les critères définis figurent bien sûr les conditions financières, mais aussi la prévention et la gestion du surendettement, un point essentiel compte tenu du profil particulier de la Banque Postale. «Il est hors de question que nous soyons des «surendetteurs»», affirme Patrick Werner.
Ce dernier pourra trouver matière à argumenter dans le récent bilan dressé par la Cour des Comptes sur les deux premières années d’existence de l’établissement. Un rapport qui juge la Banque Postale «pénalisée de manière concurrentielle par des singularités liées à son mode de fonctionnement».
Disposer d’une gamme complète est d’autant plus urgent que la filiale de La Poste se verra affectée sur la période par la perte du monopole de distribution du Livret A. Tout l’enjeu consiste à savoir à quelle hauteur l’Etat va rémunérer la mission d’accessibilité bancaire dévolue à la seule Banque Postale. Celle-ci l’estime à «plus de 500 millions d’euros» sur un coût total de gestion du Livret A de 706 millions en 2006. Dans sa décision, Bruxelles évaluait le coût net de cette mission à 428 millions, au lieu des 550 millions avancés par la banque.
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