La Banque Postale AM se positionne sur la dette immobilière et d’infrastructures
Les initiatives visant à pallier le retrait des banques, soumises aux contraintes réglementaires de Bâle 3, dans le domaine du financement, se multiplient. Après Groupama AM, La Française AM et Natixis AM, qui ont chacun lancé un fonds de dette immobilière, la Banque Postale Asset Management (LBPAM) élargit son programme d’activité à la gestion de fonds de dette.
La filiale bancaire de La Poste, qui a reçu un agrément de l’AMF (Autorité des marchés financiers) mi-septembre, lance un fonds dédié ayant vocation à atteindre 500 millions d’euros d’ici fin novembre. Le véhicule comprendra deux compartiments distincts, à savoir l’immobilier et les infrastructures.
«La gestion d’actifs va jouer un rôle de plus en plus important dans le financement de l’économie à long terme», a estimé mardi Jean-Luc Enguéhard, président du directoire de LBPAM, ajoutant que la majorité des projets ayant vu le jour au sein du secteur étaient «tournés vers l’immobilier, moins sur les infrastructures». Par ailleurs, «la demande est colossale, environ 100 milliards d’euros par an de besoins de financement n’étant pas satisfaits en Europe occidentale rien que dans l’immobilier», a poursuivi le président, indiquant que les besoins en infrastructures «étaient plus difficiles à chiffrer».
«Nous ciblerons les marchés primaire et secondaire de la dette senior européenne, en nous concentrant exclusivement sur la partie investment grade», a expliqué René Kassis, nommé directeur de la gestion de cette nouvelle expertise.
Pour la création de ce nouveau pôle, LBPAM, qui gérait à fin août quelque 133 milliards d’euros d’actifs, a recruté une équipe de quatre experts spécialisés. Aux côtés de René Kassis, ancien responsable mondial du secteur infrastructure et directeur adjoint des financements de projets chez Dexia, Pierre Bonnet, ex-directeur de projets chez Dexia Crédit Local, et Pierre Seali, ancien directeur des financements structurés immobiliers chez Deutsche Pfandbriefbank, ont rejoint l’équipe en tant que gérants analystes. Irène d’Orgeval, qui dirigeait AMlab, prend le poste de chief operating officer.
«Notre modèle repose sur un concept de club deal. LBPAM a constitué un tour de table avec quelques investisseurs et leur proposera de co-investir dans ces actifs», explique René Kassis.
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