La Banque nationale suisse est prête à parer au risque Trump
La banque centrale suisse (BNS) se tient prête à intervenir en cas d’appréciation du franc à la suite des résultats de l'élection présidentielle américaine, alors que les marchés s’inquiètent d’une possible victoire du candidat républicain, Donald Trump, face à la candidate démocrate Hillary Clinton.
«Ce que je peux simplement dire, c’est que comme avec le vote en faveur du Brexit, nous sommes prêts», a déclaré Andréa Maechler, membre de la direction générale de la BNS, dans une interview qui devait être diffusée hier soir sur une chaîne de télévision suisse. «Mon équipe est prête et la Banque nationale suisse sera là, si nécessaire, pour intervenir pour stabiliser le marché des changes», a précisé le banquier central estimant à la veille du résultat des élections que «les incertitudes sont grandes».
La BNS a vu le franc, qui fait souvent office de valeur refuge, s’apprécier de quelque 2,45% face au dollar depuis le début de l’année. Le taux de change dollar/franc était à 0,98 hier. L’appréciation de la devise face à l’euro est surtout sensible depuis le référendum britannique en faveur d’une sortie de l’Union européenne. Depuis le début du mois de juin, le franc s’est ainsi apprécié de près de 2,7% par rapport à la monnaie unique et la parité était à 1,078 hier après-midi. Dans la foulée du Brexit, la BNS avait d’ailleurs signalé qu’elle était intervenue sur le marché des changes pour contrer l’appréciation de sa devise. Ce n’était que la deuxième fois qu’elle officialisait son intervention depuis l’abandon du cours plancher de 1,20 franc pour euro un janvier 2015. Elle avait décidé de communiquer sur ses interventions à l’été 2015, lors de l’annonce par la Grèce d’un référendum sur le plan de sauvetage de ses partenaires européens.
Preuve que la banque centrale suisse est très active pour limiter l’appréciation du franc, ses réserves de change ont atteint 630,3 milliards de francs (585 milliards d’euros) en octobre, contre 628,1 milliards (583 milliards d’euros) un mois plus tôt. En septembre dernier, la BNS a maintenu son taux sur les avoirs à vue à -0,75% et affirmé qu’elle continuait d’intervenir au besoin sur le marché des changes, considérant que le franc restait «nettement surévalué». Elle a aussi revu ses prévisions d’inflation de 0,3% à 0,2% pour 2017.
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