La Banque Nationale Suisse continue de défendre sa devise

Les responsables de la BNS ont été obligés de durcir le ton pour faire refluer le franc suisse au-dessus de sa borne haute de 1,24 contre euro
Patrick Aussannaire

Le franc suisse est sous pression. Hier soir, Thomas Jordan, vice-président de la Banque Nationale Suisse (BNS), a été obligé de durcir le ton lors d’une conférence de presse à Lucerne en indiquant que la banque centrale se tenait prête à prendre de nouvelles mesures pour la devise. Une déclaration qui a permis à l’euro de rebondir de 1% contre franc suisse à 1,2415, un niveau supérieur à la borne haute de sa bande de fluctuation autorisée par la BNS de 1,24. Dimanche, à l’issue d’une semaine dominée par les inquiétudes concernant la zone euro, la presse suisse citait déjà des propos du président de la banque, Philipp Hildebrand, réitérant son intention d’intervenir pour stopper toute appréciation du franc suisse. Les tensions en Grèce et en Italie «compliquent la tâche de la BNS» explique Michael Derks, responsable de la stratégie chez FxPro.

«Je pense que le marché espère que la banque centrale va décaler sa borne de fluctuation haute à 1,25» estime Sébastien Galy, analyste à la Société Générale. Certains cambistes estiment même que la borne pourrait être décalée à 1,30, voire 1,35 ou 1,40. Des anticipations également alimentées par les craintes d’une récession en Suisse qui augmentent la pression sur la BNS qui pourrait être tentée d’affaiblir encore plus le franc afin de soutenir les exportations. Les prix à la consommation ont baissé de 0,1% pour la première fois depuis deux ans en octobre, avec un reflux de l’inflation sous-jacente à seulement 0,5%. UBS a récemment révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour le pays de 2,7% à 2% en 2011 et de 2,2% à 1,3% en 2012.

«La Banque Nationale Suisse a jusqu’à présent bien réussi son pari, en mettant la pression sur la devise par des avertissements verbaux uniquement» estime Teppei Ino, stratégiste change chez Bank of Tokyo-Mitsubishi. Les analystes estiment en outre que la BNS n’a en effet pour le moment pas été obligée d’utiliser ses réserves de change pour maintenir la devise entre 1,21 et 1,24. De plus, depuis l’intervention de la BNS le 5 septembre dernier pour défendre le plafond de 1,20 contre euro, la volatilité implicite à 3 mois de l’euro-suisse est tombée de 20% à 9,2%, et le cours a chuté de 8,2% contre euro et 9% contre dollar. «Alors pourquoi augmenter la borne pour risquer de se mettre une pression supplémentaire» se demande Alan Ruskin, stratégiste change chez Deutsche Bank.

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