La Banque Mondiale teste directement le marché des obligations catastrophe
La Banque Mondiale innove. L’institution de Washington vient d’émettre sa première obligation catastrophe (cat bond), pour un total de 30 millions de dollars (22 millions d’euros) sur trois ans, au bénéfice du Mécanisme d’assurance contre les risques de catastrophe dans les Caraïbes (Caribbean Catastrophe Risk Insurance Facility ou CCRIF). Cette entité, qui regroupe seize pays de la région (Bahamas, Barbade, Belize, Jamaïque…), permet à ses membres d’avoir accès à des liquidités en cas d’ouragan ou de tremblement de terre.
Entre sa création, en 2007, et 2013, la structure a versé plus de 32 millions de dollars d’indemnités au titre de huit événements. En 2010, Haïti a notamment reçu un paiement de 7,75 millions de dollars, soit environ 20 fois le montant de la prime acquittée pour le risque de tremblement de terre. Cette couverture de 30 millions de dollars apportée par cette cat bond devrait remplacer une tranche d’un montant équivalent placée sur les marchés de capitaux sous la forme d’un swap catastrophe entre le CCRIF et la Banque Mondiale.
Cette dernière assure dans le cadre de cette opération le rôle d’intermédiaire entre le CCRIF et les investisseurs, parmi lesquels figurent des fonds alternatifs, des fonds spécialisés «cat nat», ainsi qu’une société de gestion traditionnelle. Selon la trésorière de l’institution, Madelyn Antoncic, citée par le Financial Times, l’opération s’est effectuée à des conditions très favorables, alors que le marché des cat bonds est marqué par une pression baissière sur les prix. Compte tenu d’un risque de perte en capital, l’obligation n’est pas notée «AAA», à la différence de son émetteur.
Ce n’est pas la première fois que la Banque Mondiale s’intéresse aux obligations catastrophe. Elle a ainsi facilité l’émission de deux cat bonds pour le compte du Mexique dans le cadre de son programme MultiCat. Mais elle s’était reposée à chaque fois sur Swiss Re pour transformer et gérer les titres. Dans le cas présent, c’est la Banque Mondiale elle-même qui assume le rôle de sponsor. Pour Madelyn Antoncic, «la prévision du risque catastrophe devient de plus en plus importante pour les pays émergents. Cela préserve leur sécurité budgétaire.»
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