La Banque du Japon jette les derniers dogmes monétaires aux orties
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Philippe Mudry
S’agissant d’innovation monétaire, le Japon mérite depuis longtemps le cordon bleu sans avoir, pour autant, sur faire remonter les prix.
Or voici que la Banque du Japon jette de nouveaux dogmes parmi les mieux établis dans les poubelles de l’histoire.
Son président Haruhiko Kuroda a ajouté deux innovations à la très riche série déjà impulsée par sa banque centrale.
Primo pour casser les anticipations déflationnistes des Japonais, persuadés que la baisse des prix va s’intensifier et qu’il est urgent d’attendre avant d’acheter, l’objectif d’inflation de la Banque centrale est relevé au-dessus de la cible traditionnelle de 2%.
L’idée, soutenue par quelques économistes non orthodoxes keynésiens, est discutée au sein d’autres banques centrales.
Surtout, la Banque du Japon veillera désormais à ce que le rendement des titres d’Etat à dix ans restent voisins de zéro, c’est-à-dire ne chute pas en dessous comme cet été.
Dès que les taux négatifs menaceront, la Banque achètera des titres d’Etat à long terme.
Là, c’est le système bancaire qui est visé.
Ce qui permet aux banques de faire leur métier sans perdre d’argent, c’est de transformer des ressources à court terme en prêts à long terme.
En manipulant les taux longs par achats ou ventes massives selon les cas, Tokyo espère assurer un différentiel de taux suffisants pour permettre aux banques de gagner de l’argent, sans renoncer à l’assouplissement quantitatif.
Il fut un temps tout proche où parler de maîtrise des taux longs à un banquier central vous valait un haussement d’épaules méprisant.
Autres temps, autres dogmes.
Reste à savoir si pour l’avoir tenté, Haruhiko Kuroda restera dans l’histoire comme un novateur génial… ou un apprenti sorcier !
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