La Banque du Japon entend poursuivre sa politique monétaire accommodante

Le rebond des exportations en mars n’a pas permis de combler le déficit commercial, tandis que le moral des industriels continue de baisser
Yves-Marc Le Reour

La Banque centrale nippone (BoJ) persiste et signe. Dans un discours prononcé hier soir à New York, le gouverneur Masaaki Shirakawa a indiqué que l’institution monétaire «est totalement décidée à poursuivre sa politique d’assouplissement monétaire à travers plusieurs outils, incluant le maintien de ses taux directeur à un niveau proche de zéro et le recours au rachat d’actifs financiers, jusqu’au moment où l’objectif d’un taux d’inflation à 1% sera jugé réalisable».

Le gouvernement japonais fait face à la difficulté de consolider un rebond économique reposant jusqu’ici sur les effets positifs des travaux de reconstruction, suite au tsunami de mars 2011. Relevant que l’économie «est toujours en stagnation», le gouverneur de la BoJ prévient que la fourniture de liquidités par la banque centrale permet simplement de gagner du temps, afin que les pouvoirs publics mettent en œuvre «des réformes structurelles» destinées à stimuler son potentiel de croissance.

A 82,6 milliards de yens (770 millions d’euros) en mars, le déficit commercial a pourtant été largement inférieur au consensus des économistes interrogés par Bloomberg qui tablaient sur un chiffre négatif de 223,2 milliards. Les exportations ont augmenté de 5,9% en rythme annuel, alors qu’elles était attendues stables. «Les exportations vers les Etats-Unis ont progressé mais elles restent faibles en direction de la Chine, principal marché à l’export du Japon», nuance Takeshi Minami, chef économiste à l’institut de recherche Norinchukin. Il ajoute que la production manufacturière souffre de la hausse des cours du brut qui renchérit les achats de matières premières. Le niveau d’optimisme des industriels a d’ailleurs baissé d’un point au mois d’avril, selon la dernière enquête Reuters-Tankan.

Suite aux déclarations du gouverneur, la devise japonaise perdait 0,3% cette nuit contre le billet vert et contre la monnaie unique, à 81,47 yens pour un dollar et 106,99 yens pour un euro. «Les marchés parient sur une détente supplémentaire de la BoJ», commente Tatsushi Shikano, économiste senior chez MUFJ Morgan Stanley Securities, en ajoutant que «le déficit commercial est un catalyseur négatif pour le yen». La réunion de la BoJ du 27 avril pourrait donc déboucher sur une accélération de la politique de rachat d’obligations. En février, l’institution avait déjà procédé à des rachats supplémentaires à hauteur de 10.000 milliards de yens.

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