La Banque d’Espagne veut faire évoluer le marché des obligations sécurisées
La banque centrale espagnole tente de convaincre les banques de la péninsule ibérique d’émettre des titres moins gourmands en collatéral que les obligations sécurisées locales, les «cedulas», selon Bloomberg. Ces ajustements sur le marché des obligations sécurisées pourraient aller dans le sens d’une plus grande harmonisation du marché européen et être avantageux pour les investisseurs.
La Banque d’Espagne ne commente pas l’information d’abord publiée par le journal espagnol Expansion, mais elle serait en train de demander aux établissements qu’elle supervise de tester l’intérêt des investisseurs pour de nouveaux produits. Elle souhaiterait que les titres sécurisés espagnols soient, sur le modèle de leurs homologues européens, adossés à un panier de sûretés bien défini.
Contrairement aux obligations sécurisées françaises, les obligations foncières, ou aux titres de même type allemands, les Pfandbriefe, les cedulas ne sont pas garanties par un panier bien délimité d’actifs mais par la totalité du portefeuille d’actifs éligibles de leur émetteur. Si elle était avérée, la démarche de la Banque d’Espagne ne serait pas surprenante, selon Bernd Volk, analyste de Deutsche Bank, cité par Bloomberg: «Il y a beaucoup de discussions au sujet de l’harmonisation des marchés européens des covered bonds», assure-t-il.
Pour l’analyste de Société Générale CIB, Jean-David Cirotteau, cette possible harmonisation s’inscrit dans le cadre de l’élaboration de nouvelles règles européennes pour la résolution des institutions financières. Les ministres des finances de l’Union européenne se sont accordés cet été sur la directive introduisant un cadre de résolution commun aux Etats membres et les législateurs européens espèrent trouver un accord final sur le texte avant la fin de l’année.
«Réserver tous les actifs (prêts hypothécaires ou au secteur public) pour les détenteurs de cedulas fait qu’il est difficile d’évaluer la participation des détenteurs de titres seniors non sécurisés, juniors et hybrides dans le contexte de faillite d’une institution. Cela pourrait aussi créer des difficultés dans d’autres cas de résolution», écrit-il dans une note publiée hier. «Alors que la nouvelle législation pourrait diminuer la garantie offerte aux investisseurs aujourd’hui, elle pourrait aussi apporter plus de transparence et de visibilité et cette dernière est vraiment dans l’intérêt des investisseurs», poursuit-il.
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