La Banque de Russie sécurise le refinancement en devises de ses entreprises
Des prêts en euros et en dollars, garantis par des crédits, seront accordés à travers le système bancaire pour faire face aux tombées de 2015.
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Alexandre Garabedian
Moscou donne un coup de pouce à ses exportateurs. La banque centrale de Russie a annoncé la semaine dernière la mise en place d’un système qui permettra aux entreprises aujourd’hui isolées des marchés internationaux de refinancer leurs prochaines tombées de dette libellées en devises étrangères.
La Banque de Russie injectera des fonds à 28 jours et à 365 jours en euros et en dollars, par le biais du système bancaire. L’argent alloué aux banques sera sécurisé par les prêts que celles-ci consentent, en devises étrangères, aux grands exportateurs. Seuls les établissements de crédit disposant au 1er décembre 2014 d’un capital minimum de 100 milliards de roubles (1,5 milliard d’euros) seront autorisés à participer aux opérations de refinancement. Les fonds seront prêtés au taux Libor euro ou dollar, selon la devise du prêt apporté en collatéral, assorti d’une marge de 0,75%. L’exposition maximale à un établissement de crédit au titre de ce dispositif est fixée à l’équivalent de 50 milliards de dollars, mais cette limite «peut être augmentée si nécessaire», précise la Banque de Russie. Le système doit durer jusqu’au 1er janvier 2018.
Les emprunteurs russes autres que l’Etat feront face l’an prochain à des tombées de dette en devises étrangères (hard currency) comprises entre 100 et 120 milliards de dollars. Les réserves de devises du pays, de 414 milliards de dollars à la date du 12 décembre, les couvrent pour l’instant largement. La mise en place de sanctions internationales à l’encontre de Moscou et de certains grands émetteurs, ainsi que l’assombrissement des perspectives économiques en Russie, ont eu pour effet de couper l’accès des signatures russes aux marchés internationaux. Seule une poignée d’entre elles ont réussi ces dernières semaines des incursions sur l’obligataire en dollars, comme Gazprom et Alfa Bank.
Par ailleurs, crise économique oblige, la qualité de crédit de ces émetteurs se dégrade. Moody’s a ramené à Baa2, soit deux crans au-dessus de la catégorie spéculative et au même niveau que la note souveraine, le plafond de notation de la dette en devise étrangère des groupes russes. «Le risque que le gouvernement impose un moratoire ou des restrictions (sur le paiement de la dette en devise, ndlr) même en l’absence de défaut souverain a augmenté, compte tenu de sa capacité à contrôler l’accès aux réserves et de la dépréciation significative du rouble», souligne l’agence de notation.
La baisse des actions des hyperscalers s’est doublée récemment d’une forte remontée du risque sur le crédit de ces émetteurs liés à l'IA. Ces inquiétudes se manifestent notamment via un écartement des spreads et une envolée des rendements des protections «credit default swaps» (CDS).
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