La Banque de Russie donne un coup d'épée dans l’eau
Confrontée à une crise de change, la Banque centrale de Russie (CBR) a décidé de frapper fort. Avec un succès mitigé: la hausse des taux de 150 points de base annoncée vendredi matin, largement supérieure à un consensus d’économistes divisé qui attendait au mieux un resserrement de 50 pb, n’a provoqué qu’un rebond temporaire du rouble. La devise russe, qui a rebondi de 42,14 à 40,66 pour un dollar dans les secondes ayant suivi l’annonce, est aussitôt repartie à la baisse. Le gain de 3,8% réalisé lors de la séance du 30 octobre, en anticipation de la réunion de la banque centrale, aura été sans lendemain pour la devise.
Depuis fin juin, le rouble a cédé près de 20% face au billet vert et 12,5% face à l’euro. Une chute qui a pour conséquence un regain d’inflation importée. La hausse de l’indice des prix, à 8,4% sur un an à fin octobre, devrait rester supérieure à 8% d’ici à la fin du premier trimestre 2015, a indiqué la banque centrale, alors que cette dernière s’est fixé un objectif à 5,5%. Les restrictions à l’importation de biens agricoles en provenance de l’Europe, prises cet été comme mesure de rétorsion à l’encontre de l’Occident après les sanctions imposées dans la crise ukrainienne, ont aussi eu un effet inflationniste.
La CBR avait tenté vainement d’endiguer la baisse de sa devise en intervenant sur le marché des changes. Ces interventions ont atteint 27 milliards de dollars en octobre, ramenant le niveau des réserves de change du pays à 439 milliards de dollars, leur plus bas niveau depuis mars 2010. Pour ne rien arranger, le prix du baril de pétrole a plongé de 12,7% depuis la dernière réunion de la CBR, et les sorties de capitaux sur neuf mois à fin septembre atteignent déjà 85 milliards de dollars.
La banque centrale n’a en revanche rien changé à sa politique de change. Certains analystes estimaient, avant vendredi, qu’elle pourrait abandonner dès maintenant, et non en 2015, sa bande de fluctuation du rouble pour rendre ses interventions moins prévisibles. «Cela pourrait décourager les spéculateurs, mais n’éliminerait pas la principale raison de la dépréciation du rouble: le manque de devises étrangères sur le marché lié à l’incapacité des banques et des entreprises russes à refinancer leurs tombées de dette externe par de nouveaux emprunts», souligne Tatiana Orlova, stratégiste chez RBS. D’où l’importance d’une levée des sanctions.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels. -
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien