La Banque de France participe activement au programme de la BCE
La Banque de France joue la transparence. Si la présentation hier de son rapport annuel a été l’occasion d’indiquer qu’elle a dégagé un bénéfice net en baisse de 15,4% à 2,07 milliards d’euros sur 2014 qui permettra de faire remonter 2,15 milliards d’impôts sur les sociétés à l’Etat, elle lui a surtout permis de préciser le montant de sa participation au programme de rachats de titres publics (PSPP) et privés mis en place par la BCE.
«Il faut attendre que les achats du vaste programme d’assouplissement quantitatif lancé en janvier 2015 se cumulent pour que l’encours des opérations de politique monétaire reparte à la hausse», a estimé son gouverneur Christian Noyer.
Ce dernier a en effet précisé que la BdF avait procédé à des achats d’obligations d’Etat françaises pour un montant total de 5,7 milliards d’euros «répartis sur l’ensemble de la courbe» depuis le début du programme PSPP le 9 mars. Un montant qui inclut également les titres des agences françaises telles que la Cades ou l’Unedic, mais auquel s’ajoutent 1,4 milliard d’euros de rachats d’obligations supranationales dans le cadre du mandat reçu conjointement avec la Banque d’Espagne. Aucun détail concernant la nationalité et le type d’investisseurs ayant cédé ces titres n’a en revanche été fourni par l’autorité qui précise que ses ordres d’achats ont transité par des intermédiaires.
Au total, la Banque de France a ainsi participé à hauteur de 7,1 milliards d’euros au programme PSPP, et à hauteur de 11 milliards au programme de rachats de covered bonds depuis son lancement officiel en octobre dernier. Lundi, la BCE avait indiqué que sur les deux premières semaines du PSPP, le montant total des rachats a atteint 26,3 milliards d’euros. Si le détail par pays n’a pas été révélé, CA CIB estime que le montant des rachats de titres publics moyens quotidiens sur le marché secondaire est resté stable à 3,31 milliards la deuxième semaine qui comprenait 5 jours complets, après 3,25 milliards la première qui n’en comprenait que trois.
A ce titre, le montant évoqué par la Banque de France semble «plus de 500 millions au-dessus de ce que suggèrent les clés de répartition au capital de la BCE», indique Frédérik Ducrozet, économiste chez CA CIB. Il explique cette différence par le fait qu’il y a «plus d’agences en France que dans d’autres pays» ainsi que par un phénomène de compensation «pour le manque de papiers dans certains petits pays et par l’absence de rachats en Grèce».
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